les âmes du peuple noir – W. E. B. Du Bois

<img class=”alignleft wp-image-2351″ src=”http://jugurtha.noblogs.org/files/2018/09/W.-E.-B.-Du-Bois-les-ames-du-peuple-noir-704×1024.jpg” alt=”” width=”300″ height=”437″ /> <a href=”http://jugurtha.noblogs.org/files/2018/09/W.-E.-B.-Du-Bois-les-ames-du-peuple-noir.pdf”>pdf</a>

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« Le problème du XX<sup>e </sup>siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs. » Telle est l’intuition fondamentale de Du Bois dans <i>Les Âmes du peuple noir</i>, œuvre majeure de la littérature nord-américaine. Dans ce recueil d’essais publié en 1903, Du Bois évoque avec une puissance inégalée l’étendue du racisme américain et donne à voir au monde la réalité de l’expérience quotidienne afro-américaine dans l’Amérique de la ségrégation. Cette nouvelle traduction montre, inscrits dans la langue, tous les enjeux philosophiques d’un texte qui se veut également « littéraire ». L’écriture élégante et passionnée de Du Bois tisse les souvenirs autobiographiques et les paraboles épiques avec les analyses historiques et sociologiques, construisant ainsi l’unité culturelle et politique du peuple noir à partir de la multiplicité de ses âmes individuelles. <i>Les Âmes du peuple noir</i> a inspiré l’essentiel de la conscience collective noire et des mouvements en faveur des droits civiques dans les années soixante, et continue d’avoir un retentissement considérable au sein de la communauté afro-américaine et au-dehors.

L’imaginaire du complot Discours d’extrême droite en France et aux Etats-Unis – Jérôme Jamin

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Le nationalisme, la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme, l’opposition aux élites, la stigmatisation des étrangers, les discours anti-immigrés, mais aussi l’autoritarisme, l’idéologie ‘loi et ordre’ (Law and order), l’antiparlementarisme et l’anticommunisme, entre autres traits caractéristiques, représentent quelques-uns des qualificatifs les plus souvent cités dans la littérature consacrée au populisme et à l’extrême droite. En fonction des partis politiques concernés, des contextes institutionnels et des particularités nationales et géographiques, ces qualificatifs prendront une dimension centrale ou secondaire selon qu’il s’agira de caractériser un courant populiste ou un parti d’extrême droite.

A l’appui d’une comparaison entre la France et les Etats-Unis, l’ouvrage vise à démontrer que l’ensemble de ces qualificatifs entretiennent tous à des degrés divers un rapport fondamental avec un ‘imaginaire du complot’, c’est-à-dire avec un monde de significations structuré et cohérent (normes, significations, images, symboles, valeurs et croyances) qui privilégie la théorie du complot pour expliquer la politique et l’histoire.

karl marx les thèses sur feuerbach – georges labica.

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Ce célèbre texte de Marx, rédigé en 1845, est un des plus petits documents philosophiques : soixante-cinq lignes, distribuées en onze «thèses», dont la plus longue compte treize lignes et la plus brève, une ligne et demie.
À quoi attribuer sa fortune ? Il en va de ces notes comme des aphorismes de Nietzsche ou des carnets de Valéry : le regard étranger découvre, dans l’apparente spontanéité de l’écriture, dans sa déconcertante concision, sa propre disponibilité et comme une invite à la libre coproduction du sens.
Marx, en réalité, règle ses comptes avec ce qu’il appelle sa «conscience philosophique d’autrefois ». Il refuse désormais de se contenter du rôle de spectateur.
Il voit dans ce qu’il regarde autour de lui, des besoins et des projets, du travail et de l’imagination, qui renvoient à une économie, à une culture, à une histoire, c’est-à-dire à une société déterminée.
Ce livre nous fait pénétrer au sein du laboratoire de Marx, au moment où il engage une révolution théorique qui n’a pas fini de faire parler d’elle, ainsi qu’en témoigne le retentissant, perdurable et quasi obsessionnel écho de la 11e thèse sur Feuerbach : « Les philosophes ont seulement interprété différemment le monde, ce qui importe, c’est de le changer. »
La suite est connue, l’œuvre sera poursuivie sous le signe, pour l’essentiel, de la «critique de l’économie politique», du Manifeste communiste et du Capital, du 18 Brumaire et de La guerre civile en France. À noter que cet avenir-là, nous le connaissons, mais pas Marx…

nous noirs américains évadés du getto – Melvin Mcnair, Joyce Tillerson George Brown, Jean Mcnair

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Il y a plus de 40 ans, le 31 juillet 1972, cinq militants des droits des Noirs  fuyaient les USA racistes et belliqueux d’une manière spectaculaire : en détournant vers l’étranger, sans violence, un avion des lignes intérieures. Réfugiés à Alger, puis se cachant en France, ils sont restés clandestins jusqu’en mai 1976, date à laquelle quatre d’entre eux seront arrêtés.

Aussitôt les USA font une demande d’extradition pour ce détournement d’avion. George, lui, sera sous la menace d’une 2ème demande d’extradition, portant sur son évasion de prison en 1970, arrêté pour un vol qu’il n’avait pas commis.

Leur Comité de Soutien s’active pour que la France refuse les extraditions. Et la France ne cède pas à la pression américaine.  Mais, selon les accords internationaux, elle les traduit en justice. Les « évadés » sont emprisonnés à Fleury-Mérogis. Le procès a lieu en novembre 1978 et la Cour reconnaît les motivations politiques des « Quatre de Fleury »

marxisme orientalisme et cosmopolitisme – Gilbert Achcar

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Ce livre regroupe quatre contributions majeures à des débats brûlants dans la vie politique et intellectuelle de nos jours. La première porte sur la conception marxienne de la religion et de la relation entre religion et politique, et propose une analyse comparée de la théologie chrétienne de la libération et de l’intégrisme islamique. La deuxième critique certaines tendances de la recherche française sur l’islam et le monde arabe, qui partagent les présupposés essentialistes de l’orientalisme classique tout en les inversant : l’islam reste la culture déterminante des sociétés où il est majoritaire, mais se voit érigé en voie obligée de la modernité. La troisième étude part d’une critique de la caractérisation par Edward W. Said du marxisme comme avatar de l’“orientalisme” pour examiner l’évolution théorique et politique de Marx et d’Engels sur la question coloniale. Le dernier article, enfin, est consacré aux usages marxistes de la notion de cosmopolitisme, en résonance avec les débats autour de la mondialisation et de l’altermondialisme. L’auteur montre que la critique du cosmopolitisme bourgeois a toujours été chez Marx et Engels une dénonciation de sa substance capitaliste et non une condamnation du cosmopolitisme en tant que tel.

L’OCCIDENT IMAGINAIRE La vision de l’Autre dans la conscience politique arabe – Nassib Samir El-Husseini

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Quelle est la représentation que le monde arabe se fait de l’Occident ? En retraçant les principaux événements historiques ayant eu un impact décisif sur cette perception, en identifiant le moment historique où l’on a pris conscience de l’existence de l’Occident et en relatant les phénomènes d’idéalisation et de rejet de cet autre monde, l’auteur, comme bon nombre de ses contemporains, nous renseigne sur l’étendue du débat tout en soulignant le désir de dialogue, ouverture vers le refus de confrontation.

la Palestine des ong – Julien Salingue

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Si la question palestinienne demeure, plus de 65 ans après la création de l’État d’Israël, un enjeu géopolitique et diplomatique essentiel, tant à l’échelle internationale qu’à celle d’un Moyen-Orient en pleine déstabilisation, l’idée même d’une solution politique durable n’a jamais été aussi éloignée. La faillite du processus d’Oslo a ainsi conduit nombre d’acteurs à substituer à la perspective d’une solution au « conflit » des politiques d’assistance destinées à atténuer les effets de l’occupation israélienne.
Le rôle des ONG au sein de ce dispositif est essentiel. Dans la mesure où elles contribuent à pallier les déficits du « processus de paix », elles sont un révélateur des tendances générales à l’œuvre dans les territoires occupés. Comment et pourquoi des structures militantes (années 1970-1980) sont devenues des prestataires de services ? Quelle est leur place au sein d’un pseudo-État, et quels sont leurs rapports complexes avec un appareil politico-administratif qui, à bien des égards, leur ressemble ? Elles jouent ainsi un rôle fonctionnel essentiel dans l’offensive symbolique qui vise à transformer les Palestiniens, peuple avec des droits, en individus avec des besoins.

L’eurocentrisme critique d’une idéologie – Samir Amin

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L’eurocentrisme n’est pas la somme des préjugés occidentaux à l’égard des autres. Cette dimension essentielle de la culture moderne suppose des invariants culturels qui façonneraient des parcours historiques irréductibles. Paradigme anti-universaliste – puisqu’il feint de mépriser les lois générales de l’évolution humaine – il se présente néanmoins comme un universalisme qui propose naïvement l’imitation du modèle occidental comme seule issue aux défis de notre temps. La reconstruction d’une théorie sociale non eurocentrique impose une vision du développement qui rende compte du « miracle européen » – le saut précoce au capitalisme — sans recours aux subterfuges de l’eurocentrisme, comme elle impose le concept de valeur mondialisée, capable de rendre compte du capitalisme comme système mondial réellement existant et d’analyser à partir de là ses contradictions véritables et les formes de son dépassement.

le mouvement etudiant tunisien (1950-1972)itinéraire idéologique et politique

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la naissance du maquis sud cameroun – Achile Membe

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Cet ouvrage s’efforce de traquer les formes publiques de résistance dans le Cameroun de la première moitié du XXème siècle. Il montre comment, par le biais de pratiques multiformes allant de la soumission à la négociation en passant par l’indiscipline et la lutte armée, les Africains se constituèrent à la fois comme sujets exerçant et subissant des relations de pouvoir et comme agents moraux de leurs actions.

la longue guerre des nègres marrons de cuba – Alain Yacou

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Comme dans toute l’Amérique des plantations où le nègre fut l’indigène de substitution, le grand marronnage a représenté une réalité importante. A Cuba, les esclaves fugitifs se retranchaient sur les hauteurs boisées à l’Est, dans la Sierra Maestra, ou bien dans la forêt vierge qui s’étend aux côtes d’Ouest en partie envahies par les mangles ou encore dans le plat pays du Centre, parsemé de mornes considérables.
Le choc entre la société esclavagiste et la société marronne s’explique d’abord par le fait que Cuba ait cherché à se substituer à l’opulente colonie française de Saint-Domingue ruinée par la révolution nègre d’Haïti en 1802-1804. Au-delà des représentatios de la dissidence majeure que fut le grand marronnage, distincte des rébellions d’esclaves et des conspirations des libres de couleur, cet ouvrage s’attache aux causes et aux conséquences de cette singulière “insurgence”, à savoir la conquête d’une liberté dans les bois, une liberté acquise et non octroyée.
La guerre des marrons a bien eu lieu à Cuba au cours de la première moitié du XIXe siècle entre 1815 et 1852, sur toute l’étendue de la grande île où sévissait l’économie de plantation.

Trotsky Staline manque – Willy Huhn

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Il ne s’agit naturellement pas d’une comparaison des traits de caractère de ces deux personnages essentiels de la révolution de 1917. Willy Huhn, socialiste de gauche allemand (1909–1970), examine, dans trois articles écrits en 1951 et 1952, l’évolution des positions politiques de Trotsky sous trois aspects :

– Les relations entre le parti et les Soviets, et plus largement la question de l’autonomie des producteurs, en particulier à travers les débats de 1920 et 1921.

– Le qualificatif d’« État ouvrier » que Trotsky n’a cessé d’accorder à l’État soviétique, y compris en 1939 après l’invasion de la Pologne, et la lumière qu’elle jette sur la conception qu’avait Trotski de la construction du socialisme.

– Son « bonapartisme », c’est-à-dire les politiques centralisatrices et autoritaires qu’il a prônées et parfois pu mettre en œuvre entre 1918 et 1923, et en particulier la nécessité de la militarisation du travail qu’il affirmait encore après la fin de la guerre civile.

Ces textes sont précédés par Stalinisme et bolchevisme, un article de Paul Mattick paru en 1947 à l’occasion de la publication aux États-Unis du Staline de Trotsky. Dans sa postface, Daniel Saint-James analyse comment à partir du discours de Trotsky lui-même se sont construits une mythologie et un culte, avec pour conséquence, chez ceux qui se proclament ses héritiers, des comportements sectaires.

Economie politique de l’esclavage – Eugene D. Genovese

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Genovese passe en revue tous les aspects de la vie de la communauté servile, avec un grand luxe de détails précis, concrets et, pour une grande parti inédits. Il commence avec la famille et son insertion dans la plantation, les relations entre maîtres et esclaves, la place et le sort des enfants. Il continue avec un long sur le rôle de la religion dans la vie quotidienne des esclaves et le des chants religieux. Puis il passe aux conditions de travail et à la vie nourriture, logement, vêtements. Dans une dernière partie sont étudiés aspects plus politiques, les révoltes, les tentatives de fuite, la résistance contre les maîtres….

catastrophisme, administration du désastre et soumission durable – Jaime Semprun

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A l’occasion de l’anniversaire de Mai 68, cet essai prolonge la critique du conformisme qui, selon les auteurs, s’impose universellement au prétexte de sauver la planète, et des nouvelles formes d’embrigadement qui accompagnent la mise en place de la gestion raisonnée du désastre de la société industrielle.

Capitalisme Socialisme Ecologie – Andre Gorz

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« Qu’est-ce maintenant qu’une perspective de gauche ? Que signifie être socialiste ? Comment faut-il concevoir la place future du travail-emploi dans la vie des individus et de la société ? Une société peut-elle se perpétuer sans orientation, ni but, ni espoir ? »

Le socialisme, version Gorz

´1. La restructuration écologique de la société exige que la rationalité économique soit subordonnée à une rationalité éco-sociale. (…) 3. Par ‘socialisme’, il faut (aussi) entendre (…) la création, grâce à des durées du travail de plus en plus réduites et flexibles, d’une sphère croissante (…) de coopération volontaire et auto-organisée, d’activités autodéterminées de plus en plus étendues.ª15 Gorz ne veut pas s’en prendre au capitalisme de la propriété privée, de la soif du profit et de la libre concurrence, puisque ce système a prouvé sa supériorité. La seule chose qu’il désire, c’est subordonner le mécanisme supérieur de la logique capitaliste à des critères éco-sociaux.

Gorz justifie son point de vue exactement comme le ferait tout renégat: après Marx, la société a poursuivi son développement et, en tant que marxiste de tendance droitière, peut-on réellement faire autrement que d’adapter son analyse à une réalité objectivement modifiée? Selon Gorz, il existe des développements que Marx n’avait pas prévus:

´En résumé, on peut dire que nous avons à faire avec une crise classique de suraccumulation, compliquée en plus par une crise de reproduction qui, en dernière instance, est imputable à la rareté progressive des ressources naturelles.ª16 La production croissante, l’utilisation des matières premières et la pollution qui en découle posent en effet de nouveaux problèmes, même si le problème de l’exploitation de la nature a déjà été soulevé par Marx et Engels. La question primordiale n’est toutefois pas de savoir s’il y a bien une crise de reproduction, mais de savoir quelle sorte de société est fondamentalement la mieux armée pour affronter n’importe quelle crise. S’agit-il d’une société où il existe une contradiction entre la soif personnelle de profit d’une minorité et les problèmes de santé et d’environnement du monde entier et, en particulier, des travailleurs? Ou s’agit-il, au contraire, d’une société qui, grâce à la possession en commun des moyens de production, serait mieux en mesure d’affronter de façon planifiée les problèmes environnementaux? Ce n’est pas le simple fait de constater ces ‘nouveaux’ problèmes qui fait que quelqu’un est un vrai socialiste, mais bien la recherche de solutions socialistes à ces nouveaux problèmes.

– ´Le pouvoir économique et social qui décide, oriente, organise, commande la production, s’est déplacé hors du processus de travail. (…) La mise en question des décisions de production et l’exigence politique d’acquérir un pouvoir sur elles, requièrent aujourd’hui non pas l’identification des travailleurs avec leur fonction productive mais leur recul par rapport à la tâche qui leur est impartie.ª17 Pour Gorz, la spécialisation sans cesse accrue de la production fait qu’il est impossible pour les travailleurs d’exercer sur elle le moindre contrôle. Il n’est donc plus question de lutter pour la maîtrise des moyens de production mais, au contraire, de contribuer le plus possible à leur développement. Le socialisme n’équivaut plus au contrôle des moyens de production mais bien à la recherche du maximum de temps de loisirs possible, durant lesquels on pourra mettre sur pied et développer des ´activités que l’on aura soi-même choisiesª. On sera confronté à un Capital ‘réglementé’, qui opérera harmonieusement, main dans la main, avec un secteur coopératif parallèle et à petite échelle: Vandervelde et d’autres social-réformistes ne l’ont pas mieux exprimé au début de ce siècle… La seule nouveauté réside dans le fait qu’on y collera un petit paravent verdâtre, derrière lequel la continuité du capitalisme pourra se dissimuler en toute quiétude. Par ailleurs, c’est une erreur de déclarer que l’aliénation serait imputable à la spécialisation — en d’autres termes aux moyens de production — et non aux rapports de production. De cette façon, on s’arrange exactement pour laisser les capitalistes hors d’atteinte. Sous le socialisme aussi, il y aura spécialisation, et elle sera même plus poussée que sous le capitalisme. Mais le problème de l’aliénation y sera précisément résolu avec une bien plus grande efficacité, parce que les travailleurs, via toute la série des organes présents au sein même de l’entreprise et de l’Etat socialiste, pourront faire entendre leur voix. Dans ce cas, il s’agira non seulement de contrôle sur sa ‘propre entreprise’, mais également — et surtout — de contribution quant à l’ensemble de la société.

– ´Le travail n’est plus la principale force productive. (…) Les entreprises remplacent le travail humain par des systèmes automatiques.ª18 Gorz en vient à la conclusion que le prolétariat est une classe en régression. Une fois de plus, il confond les moyens de production et les forces de production: même si, dans une usine, on a besoin d’un nombre moins élevé de travailleurs pour assurer une production plus forte, leur position n’en demeure pas moins d’une importance tout aussi déterminante que naguère: les travailleurs, qu’ils soient ou pas hautement qualifiés, déterminent si l’on produit de la plus-value. Et ils le font dans des conditions d’exploitation accrue. L’affirmation prétendant que la classe ouvrière est en régression est donc totalement erronée.19

– ´Il ne peut y avoir de modernisation écologique sans restriction de la dynamique de l’accumulation capitaliste et sans réduction par auto-limitation de la consommation.ª20 Pour Gorz, la diminution de la durée du travail est une arme destinée à faire baisser la consommation: ´Avec l’auto-limitation de la durée du travail, le ‘temps choisi’ rendrait donc possible l’auto-limitation du revenu et de la consommation marchande.ª21 Gorz entend donc, d’une part, résoudre le problème de l’environnement en soumettant le Capital à des critères éco-sociaux (voir plus haut) et, d’autre part, il veut aborder le problème de la consommation. Mais dire que ‘la’ consommation doit diminuer, c’est automatiquement s’en prendre aux travailleurs et laisser les capitalistes hors d’atteinte. A une époque où 358 milliardaires possèdent davantage que 40% de la population mondiale, parler d’‘auto-limitation’ équivaut uniquement à contribuer à l’accroissement du degré d’exploitation sous l’impérialisme. Même si l’on s’empresse d’ajouter qu’il n’est pas exclu qu’il y ait encore un peu de croissance dans le tiers monde. En disant cela, Gorz ne résout nullement le problème écologique, mais il fournit toutefois une solution à la modernisation écologique de l’impérialisme.

Dictionnaire critique du marxisme – Georges Labica, Gerard Bensoussan

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Le Dictionnaire critique du marxisme est un ouvrage dirigé par Georges Labica et Gérard Bensussan. Ce dictionnaire encyclopédique est consacré aux penseurs et théoriciens du marxisme, aux concepts et ouvrages fondamentaux de cette doctrine et à son histoire. Il a été publié pour la première fois en 1982 aux Presses universitaires de France (PUF), puis en collection poche (« Quadrige. Dicos poche »). La seconde édition, datée de 1985, est refondue et augmentée par rapport à celle de 1982. Les articles ont été rédigés par de nombreux spécialistes français et étrangers. L’ouvrage a été traduit et adapté en allemand.

 

Au-delà du capitalisme sénile. Pour un XXème siècle non-américain – Samir Amin

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Les difficultés actuelles du libéralisme sont-elles seulement des phénomènes provisoires et transitoires comme l’assurent les inconditionnels du capitalisme ou bien des signes avant-coureus de la sénlité de ce système comme le soutient l’auteur ? Ce livre polémique et engagé plaide pour “un XXIe siècle non américain”. Il invite à ouvrir un débat sur l’avenir du système capitaliste mondial.

Chassés de la lumière – James Baldwin

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Publié la même année, en 1972, à New York, à Londres et à Paris, Chassés de la lumière a été par la suite oublié en France et pourfendu par la critique anglophone. Baldwin y achève sa radicalisation politique. Véritable récit de la crise de la suprématie blanche, Chassés de la lumière est une traversée des années 1960, de leurs luttes, de leurs espoirs ; c’est aussi la fresque amère d’une Amérique blanche agrippée à ses privilèges. Accusé d’être un ouvrage de propagande, cet essai n’a pu jouir de la reconnaissance qu’il méritait. Baldwin y renonce à la place que l’intelligentsia lui offrait — celle de l’artiste incompris par sa «communauté» — pour devenir le porte-voix d’une nouvelle génération militante. Dans Chassés de la lumière, la «question noire» est inséparable de la révolution.
Le texte est pour la première fois publié dans son intégralité.

La commune de 1871. Lettres et déclarations pour la plupart inédites (1866-1894) – Karl MARX, Friedrich ENGELS

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Discours sur le colonialisme – Aimé Césaire

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Le Discours sur le colonialisme est un essai anticolonialiste d’Aimé Césaire publié pour la première fois par Réclame, maison d’édition liée au Parti communiste français, le 7 juin 1950, avec une préface de Jacques Duclos.

Aimé Césaire, dans cette édition, a choisi de mettre en exergue, cette phrase du dirigeant communiste : « Le colonialisme, cette honte du XXe siècle ». Il s’oppose aux actions violentes et criminelles commises dans les colonies, l’exploitation des peuples et le pillage des ressources.

Dans une perspective communiste, Césaire critique la position de la classe bourgeoise qu’il qualifie de décadente, car ne connaissant plus de limites dans le mal qu’elle commet au travers du système économique capitaliste. Il estime également que la colonisation, loin d’une « œuvre civilisatrice », a au contraire décivilisé les colonisateurs : « Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser les colonisateurs, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral »1.

La spécialiste de philosophie africaine Séverine Kodjo-Grandvaux explique que Césaire l’a poussée à s’intéresser à ce champ d’études, et aussi que Césaire critique fortement dans son Discours l’ouvrage colonialiste et évangélisateur La Philosophie bantoue de Placide Tempels2. Frantz Fanon met en épigraphe de son premier livre, Peau noire, masques blancs, publié en 1952, une citation de Discours sur le colonialisme.

Aimé Césaire prend également à partie Octave Mannoni et l’approche ethno-psychiatrique de son ouvrage Psychiatrie de la colonisation, mise en parallèle de l’insurrection malgache de 1947, Pierre Gourou et son approche de la géographie économique appliquée dans Les Pays tropicaux, ou encore Yves Florenne, journaliste du Monde. À l’inverse, il met à l’honneur Leo Frobenius.

de l’oncle tom au panthères noires – daniel guerin

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Abraham Lincoln signant l’abolition de l’esclavage ; le Ku Klux Klan, les lynchages ; Rosa Parks refusant de céder sa place à un blanc dans un bus à Montgomery ; Martin Luther King devant une foule énorme à Washington ; l’assassinat de militants de la cause noire, comme Malcom X ou Martin Luther King ; les athlètes noirs à Mexico levant leur poing ganté de noir sur le podium olympique, innombrables sont les images évoquant la condition des Noirs aux États-Unis et leurs luttes. La présence des Noirs sur le sol américain est quasiment aussi ancienne que celle des premiers colons, et le combat pour leur émancipation fait partie intégrante de l’histoire des États-Unis d’Amérique. La grande démocratie américaine, celle qui proclamait vouloir « assurer les bienfaits de la liberté » à tous, avait refusé d’inscrire dans sa première Constitution, l’abolition de l’esclavage, largement pratiqué dans les Etats du sud. Cet ouvrage raconte la longue histoire des dizaines de millions de Noirs pendant plus de trois siècles, de leur exploitation féroce, mais surtout de leurs révoltes, de leurs tentatives pour se défendre, pour s’organiser. C’est un livre d’histoire engagé. Mais c’est également un précieux témoignage de ce qu’étaient encore les conditions de vie de la population noire dans la seconde moitié du XXème siècle, profondément marquées par l’héritage de l’esclavage, la ségrégation légalisée et le racisme. Daniel Guérin, militant communiste libertaire et écrivain, a publié de nombreux ouvrages témoignant de son engagement, de son histoire de la Révolution française à la dénonciation des méfaits du colonialisme, de la montée ouvrière de Juin 36 à la naissance du fascisme allemand, ainsi que plusieurs livres sur l’anarchisme. Pour pouvoir écrire son ouvrage sur les États-Unis, Daniel Guérin y séjourna pendant deux années entières, en 1947 et 1948, avant que les autorités américaines lui refusent son visa. Il en ramena un ouvrage Où va le Peuple américain, qu’il ne cessa d’enrichir en y ajoutant de nouveaux éléments. De l’oncle Tom aux Panthères Noires, tout entier consacré au mouvement noir, a été édité en 1973, et n’était plus disponible depuis longtemps.

 

A Dying Colonialism – Frantz Fanon

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A Dying Colonialism (French: L’An V de la Révolution Algérienne) is a 1959 book by Frantz Fanon, in which Fanon provides an account of the Algerian War. The book details cultural and political changes that emerge due to the rejection of French colonial oppression by the Algerian.

Publication history

It was originally published in France by Maspero as L’An V de la Révolution Algérienne (Year Five of the Algerian Revolution). It was translated into English in 1965 and published by Monthly Review under the title Studies In A Dying Colonialism, which was shortened to A Dying Colonialism when appearing as a mass-market paperback by Grove Press in 1967.

La couleur de la justice – Michelle Alexander

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INCARCÉRATION DE MASSE ET NOUVELLE SÉGRÉGATION RACIALE AUX ÉTATS-UNIS

« Il y a plus d’adultes africains-américains sous main de justice aujourd’hui – en prison, en mise à l’épreuve ou en liberté conditionnelle – qu’il n’y en avait réduits en esclavage en 1850. L’incarcération en masse des personnes de couleur est, pour une grande part, la raison pour laquelle un enfant noir qui naît aujourd’hui a moins de chances d’être élevé par ses deux parents qu’un enfant noir né à l’époque de l’esclavage. »
Dans ce livre devenu un classique des luttes contre la prison et le système judiciaire aux États-Unis, ­Michelle Alexander revient dans des pages ­fulgurantes sur les mutations de la domination ­raciale et de l’enfermement.
De l’esclavage aux innombrables prisons actuelles, en passant par la ségrégation de l’ère « Jim Crow », ce livre explore la façon dont en quelques décennies, avec la « guerre contre la drogue », les Noirs et les Latinos ont commencé à être enfermés en masse, jusqu’à dépasser aujourd’hui deux millions de prisonniers.

Du quadrillage policier aux ­cellules, en passant par le profilage racial et une machine judiciaire implacable, l’auteure dévoile tous les ­mécanismes de cette nouvelle ségrégation qui a créé une nouvelle « sous-caste raciale », une « race des prisonniers ».

El Djazaïr – Omar, L. Garcia, F.H. Cava, A. Ussero

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El Djazaïr est un pavé dans le marigot où le triste cortège de ceux qui sont passés du col Mao au Rotary nous somment de les rejoindre. El Djazaïr s’offre volontiers à la colère de qui le descelle, il est la fortune du sans-grade, la providence du prolétaire, la politesse du colonisé. À l’heure où l’on disserte, avec un aplomb sans pareil, à propos de la violence de l’insurrection algérienne emportant tout sur son passage tel un fleuve sorti de son lit. Il nous rappelle que la première violence fut celle des rives qui l’enserraient. Et de cette violence coloniale, ceux qui se prélassent dans le marigot ont à coeur de taire la cruauté ordinaire et l’insondable cupidité. Notre pavé El Djazaïr est une oeuvre minérale. Elle affleure des soubassements, du temps long. 34 ans après sa publication en espagnol, son trait ne s’est pas émoussé. Le dessin de Luis Garcia en conserve intact le tranchant. Il cisèle une fresque sans pareille de ce que fut la longue nuit coloniale pour le peuple algérien. Ainsi El Djazaïr est aussi un moucharabieh de carbone où poser nos cils et voir pour apprendre ou se remémorer. Omar et Cava lui prêtent propos et plume, érudit et sans apprêts, économe et précise. Ils servent au mieux ce qui fut le dessein qui présida à leur oeuvre commune : faire entendre aux générations d’après l’indépendance ce que furent 124 ans de barbarie… Et 124 années de luttes pour se défaire du joug de la France. Jusqu’à ce 1er novembre 1954 où s’initia l’assaut final… Qu’ El Djazaïr vous soit utile à vivre et à bâtir de beaux lendemains.

Figures de la révolte: L’amérique Latine en rebellion (XVI – XX siècles) – Nicolas Pinet

Figures de la révolte Coyoacán

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Contre une vision du passé latino-américain ne retenant que les grands faits et dates d’une histoire présentée comme linéaire et sans aspérités — une «histoire des vainqueurs» —, Figures de la révolte propose de faire retour sur les moments d’achoppement et de vacillation des pouvoirs en place, sur les révoltes qui en ont fait trembler les fondations, de l’époque coloniale à nos jours.
Des luttes des communautés d’esclaves noirs en fuite contre la Couronne espagnole (Panamá, 16e siècle) aux pillages des demeures des principales personnalités politiques de Santiago del Estero (Argentine, 1993), jugées responsables de la crise en cours ; du soulèvement de Túpac Amaru au Pérou (1780-1781) aux Bogotazo (1948), Cordobazo (1969) et Caracazo (1989), cet ouvrage collectif offre la première approche précise et documentée d’une série de révoltes et d’émeutes de groupes subalternes se soulevant contre les injustices subies.

Figures de la révolte intéressera tout spécialement les lecteurs et lectrices curieux du passé et présent de l’Amérique latine et désirant aller au-delà des approches souvent superficielles et parfois caricaturales fréquemment proposées par les grands médias. L’ouvrage intéressera aussi toutes celles et ceux que l’actualité des révoltes urbaines, en France (2005), en Angleterre (2011), dans le monde arabe (2010-) et au-delà, pousse à prendre du recul pour tenter de mieux saisir les dynamiques en jeu, en s’appuyant sur l’analyse de cas précis et documentés. Quand bien même chaque événement est à la fois extraordinaire et singulier, leur mise en miroir fait apparaître nombre de points communs, éléments d’une grammaire provisoire et fragmentaire de la révolte. Si, à la différence d’Haïti (1791-1804), les révoltes présentées dans cet ouvrage n’ont pas fait basculer l’histoire, elles ouvrent, de manière temporaire, des espaces-temps autres, une brèche dans le système des pouvoirs en place où se déploient des expériences de liberté originales..

 

Message a la tricontinentale – Ernesto Guevara – 1967

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Extrait:

Vingt et un ans se sont déjà écoulés depuis la fin du dernier conflit mondial, et diverses publications, dans un grand nombre de langues, célèbrent l’événement symbolisé par la défaite du Japon. Il règne une atmosphère d’optimisme apparent dans de nombreux secteurs des camps dissemblables qui divisent le monde.

Vingt et ans sans guerre mondiale, en ces temps de suprêmes affrontements, de chocs violents et de brusques changements, cela paraît long. Mais sans analyser les résultats pratiques de cette paix pour laquelle nous sommes tous disposés à lutter(la misère, la déchéance, l’exploitation de plus en plus grande d’énormes secteurs du monde), il convient de se demander si cette paix est réelle.

Ces notes ne prétendent pas faire l’historique des divers conflits de caractère local qui se sont succédé depuis la reddition du Japon ; notre tâche n’est pas non plus de dresser le lourd bilan croissant des luttes civiles qui se sont déroulées au cours de ces années de prétendue paix. Il nous suffit d’opposer à cette optimisme démesuré les exemples des guerres de Corée et du Vietnam.

Dans la première, après des années de lutte sauvage, la partie nord du pays a été l’objet de dévastation la plus terrible des annales de la guerre moderne ; criblée de bombes ; sans usines, sans écoles et sans hôpitaux, sans aucun abri pour dix millions d’habitants.

Dans la guerre de Corée, sous le drapeau déloyal des Nations Unies, sont intervenus des dizaines de pays sous la conduite militaire des Etats-Unis, avec la participation massive des soldats américains, et m’emploi de la population sud-coréenne enrôlée comme chair à canon.

Dans le camp adverse, l’arme et le peuple de Corée et les volontaires de la République populaire de Chine étaient ravitaillés et assistés par l’appareil militaire soviétique. Du côté américain, on s’est livré à toutes sortes d’ essais d’armes de destruction : si les armes thermonucléaires ont été exclues, les armes bactériologiques et chimiques ont été utilisées à échelle réduite.

Au Vietnam se sont succédé des actions de guerre, menées presque sans interruption par les forces patriotiques, contre trois puissances impérialistes : le Japon, ont la puissance devait subir une chute verticale après les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki ; la France, qui récupéra sur ce pays vaincu ses colonies indochinoises et ignora les promesses faites dans les moments difficiles ; et les Etats Unis, à cette dernière étape de la lutte.

Les Radicaux Urbains Et Paysans Dans La Révolution Anglaise (1641-1649) Et Autres Textes – Os Cangaceiros

Les radicaux urbains et paysans dans la révolution anglaise (1641-1649)

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A la fin du 16ème siècle, la progression et l’affirmation d’elle-même de la bourgeoisie anglaise avaient déjà transformé visiblement les rapports sociaux existants. Le développement du commerce avait arraché de plus en plus de pauvres aux anciens rapports de sujétion et à l’immobilité. Les pauvres assujettis à la terre étaient toujours aussi misérables, alors que se développait une nouvelle forme de mobilité sociale, elle-même extrêmement précaire, liée au développement du salariat.
Les textes:
 Les radicaux, urbains et paysans, dans la révolution anglaise (p.3) extrait de la nouvelle édition de  L’Incendie Millénariste 
. En avril 1987, leg roupe Os Cangaceiros publie L’Incendie Millénariste , signé des pseudo-nymes Georges Lapierre et Yves Delhoysie. Pendant ses quelques années d’existence, ce petit groupe clandestin mène diverses actions contre l’institution pénitentiaire (vol de plans et sabotages) ou en solidarité avec desprisonniers, participe à sa manière à plusieurs mouvements sociaux etpublie trois numéros d’une revue du même nom dans laquelle il livre ses analyses sur les évènements qui secouent les années 1980 en France et enEurope. Ses quelques actions le sortent brièvement de l’anonymat et mettent les flics à ses trousses. Les distributeurs refusent alors de prendre L’Incendie Millénariste dans leurs boutiques et les
Cangaceiros se retrouvent avec des stocks sur les bras. La pression policière s’accentuant, ils décident d’abandonner la plupart des bouquins dans quelques lieux publics,laissant à des mains inconnues le soin de leur dispersion, hors de toute logique commerciale.

 

L’autogestion en Algérie: Données politiques de ses premières étapes et de son application – Ahmed Mahsas

L'autogestion en Algérie: Données politiques de ses premières étapes et de son application (French Edition) by [Mahsas, Ahmed]

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La lutte de libération sous toutes ses formes a mobilisé les masses populaires et élevé leur conscience politique. Ce potentiel précieux, résultat de sacrifices immenses, a permis de constituer dans la première étape de la libération l’ossature de l’organisation du pays. Mais la lutte pour le pouvoir et son corollaire, les crises successives, ont introduit dans les institutions des germes de contradictions qui affaiblissent la base du régime. Le succès de l’autogestion en Algérie dépendait de l’ensemble des éléments en interaction sur le plan national. Par un choix délibéré d’une approche critique des problèmes, l’auteur a tenté d’expliquer les faits négatifs rencontrés tant au niveau du secteur socialiste agricole qu’à celui des structures nationales. Le régime de Boumédienne a tenté jusqu’ici de nier les résultats positifs de l’expérience Ben Bella et de valoriser, de ce fait même ses propres réalisations. « Si on peut à juste titre, critiquer tel ou tel aspect de l’ancien régime et ses contradictions, on est en droit, écrit l’auteur, de démentir les allégations et les prétentions du régime actuel quant à ses réussites. »

Culture et résistance : Entretiens avec David Barsamian – Edward-W Said

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Durant des années, Edward W. Said a été le principal porte-parole de la cause palestinienne aux Etats-Unis. […] Il a payé cher ses prises de position sur le problème palestinien. […] Parallèlement à son engagement politique, il a apporté une énorme contribution au monde des lettres. […] On ne sait trop comment, dans son temps libre, cet homme de la Renaissance trouve en plus le moyen de jouer du piano et d’écrire sur la musique et l’opéra. ” Voilà le portrait que dresse d’Edward W. Said son interlocuteur dans ce livre, David Barsamian. Au cours d’une série de six entretiens radiophoniques, les deux hommes abordent la question du conflit israélo-palestinien. Said en fournit une vision tour à tour ample et détaillée, une vision qui ne se veut ni objective, ni subjective, simplement informée, humaine et rationnelle. Excellente pour rectifier les idées reçues. L’accent est mis sur la dimension ethnique, culturelle pour Edward W. Said, en effet, derrière l’affrontement politique et territorial se cache un mépris des juifs envers leurs frères sémites les Arabes. Et l’auteur, grand spécialiste de l’impérialisme, de souligner, tout au long de l’ouvrage, le déséquilibre des forces en présence, immense, terrible, permanent.

Textes de la révolution palestinienne 1968-1974 – Bichara, Naim Khader

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Recueil de textes pour la plupart traduits de l’arabe et extraits de diverses revues et publications.

Sultan Galiev : le père de la révolution tiers mondiste Le père de la révolution tiers mondiste – Alexandre Bennigsen, Chantal Lemercier-Quelquejay

Sultan Galiev
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Que veulent les Musulmans révolutionnaires? Alexandre Bennigsen et Chantal Lemercier-Quelquejay, tous deux islamologues et turcologues, ont les premiers redécouvert le rôle-clé joué dans l’émergence de leurs idées par un instituteur et journaliste tatar, Sultan Galiev, des débuts de la révolution d’Octobre à la fin de 1928, date de son élimination par Staline.

Sultan Galiev est le père de la révolution tiers-mondiste, parce qu’il a élaboré la doctrine du ” communisme national musulman “, un socialisme réalisé par les travailleurs musulmans et non imposé par le prolétariat européen, impliquant aussi la décolonisation des territoires occupés par l’ancien empire tsariste.

Si des dirigeants du Tiers-Monde comme Nasser, Ben Bella, Tan Malaka ou Khadafi ont reconnu en lui un précurseur, c’est qu’il fut l’un des inspirateurs de la révolution coloniale qui a embrasé l’Afrique et l’Asie.

Calomnié ou ” oublié ” par l’historiographie soviétique (pour qui il fut un ” Trotsky musulman “) Sultan Galiev, révolté contre tous les impérialismes, est donc un peu le prophète des grandes luttes de libération d’aujourd’hui, de celle des combattants palestiniens à celle des Modjahidins Afghans.

Au coeur de ces luttes, sa vie pose la question fondamentale de la coexistence du marxisme et de l’Islam.

Les auteurs sont tous deux spécialistes de l’Union soviétique et des musulmans en Asie; ancien professeur d’histoire à l’université de Chicago, Alexandre-Bennigsen est directeur d’études à l’E.H.E.S.S. Chantal Lemercier-Quelquejay, turcologue, est maître de conférences à l’E.H.E.S.S. Leurs principaux ouvrages sont Les Mouvements nationaux chez les Musulmans de Russie, L’Islam en Union soviétique, Les Musulmans oubliés.

Robespierre, une politique de la philosophie – Georges Labica

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Robespierre n’a pas écrit sur la Révolution : il l’a vécue, il a été emporté par son mouvement et lui a sacrifié son existence. Sa pensée politique – c’est là son originalité – est, comme l’explique Labica, pensée de l’inédit, produite au moment où elle se joue. Une politique de la philosophie donc, ou quand les actes sont immédiatement responsables devant les principes, et vice versa. Car Robespierre fut aussi un pragmatique : attentif aux rapports de force, parfois bousculé par les événements, il a cherché, inlassablement, le parti du peuple, de la démocratie et de l’égalité. Préserver et continuer la Révolution envers et contre tout, c’est l’exigence qui maintient la cohérence de son action et de ses prises de position sur la guerre, la mort du roi, la religion. Quand il est question de Robespierre, les jugements passionnels l’emportent souvent sur la rigueur et l’honnêteté. Ecrit dans la tourmente du Bicentenaire, ce livre nous rappelle qu’il fut, avant tout, un homme de son temps. Temps révolutionnaire qui exigeait il est vrai “le courage de la pensée”. De là la “dignité philosophique” de Maximilien Robespierre, de là aussi l’infirmité de nombre de ses détracteurs, passés et actuels.

Articles politiques – Errico Malatesta

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Compilation d’articles et de textes d’Errico Malatesta (1853-1932), révolutionnaire anarchiste italien, parus en 1979.« Quant à l’organisation sociale, ma conclusion est la suivante : c’est à nous tous, travailleurs, d’y penser, chacun dans notre domaine. Ainsi dès la destruction de l’ancien appareil oppressif, nous établirons une société plus humaine, plus juste, plus conforme aux progrès futurs. Sinon, les « dirigeants » y penseront pour nous, et nous aurons de nouveau un gouvernement. Les masses en feront les frais, la liberté disparaîtra, de nouveaux parasites et de nouveaux privilégiés de toutes sortes les exploiteront. »

Les dépossédés. Karl Marx, les voleurs de bois et le droit des pauvres – Daniel Bensaïd

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En 1842, Karl Marx publie une série d’articles concernant les débats à la Diète rhénane à propos du vol de bois. Droit de propriété, liberté de la presse, rapport du délit à la peine : tels sont les enjeux de ces articles. L’essor du capitalisme entraînait alors un déplacement de la ligne de partage entre le droit coutumier (glanage ou ramassage du bois mort) et le droit de plus en plus envahissant des propriétaires. Deux ans plus tôt, le fameux pamphlet de Proudhon Qu’est-ce que la propriété ? avait fait scandale en s’en prenant aux justifications libérales de l’appropriation privée.

Plus d’un siècle et demi plus tard, les controverses en cours sur le brevetage du vivant, la propriété intellectuelle, le droit opposable au logement, etc., donnent aux questions théoriques et juridiques soulevées à l’époque une troublante actualité. À partir d’une lecture des articles de Marx, Daniel Bensaïd revient sur les sources philosophiques du débat pour en dégager les enjeux actuels.

Aujourd’hui comme hier, les dépossédés se soulèvent contre la privatisation du monde et la logique glaciale du calcul égoïste.

Kojo Tovalou Houénou. Précurseur, 1887-1936. Pannégrisme et modernité – Emile Derlin Zinsou et Luc Zouménou

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Kojo Tovalou Houénou, rejeton d’une grande famille béninoise, a été tout à la fois, après 1918, la coqueluche de grands salons parisiens et le héraut en France du panafricanisme. L’ancien président du Bénin, Emile Derlin Zinsou, et un universitaire béninois, Luc Zouménou, retracent la carrière de cet Africain surdoué, fondateur à Paris, en 1924, d’une Ligue universelle pour la défense de la race noire (Ludrn) et dont le peintre Modigliani, un de ses amis, fit le portrait.

Diplômé en médecine et en droit à Bordeaux, le jeune Béninois s’engage dès 1914 dans l’armée française. Blessé et démobilisé, il s’installe à Paris et s’initie à la politique. Il se rend en 1921 aux Etats-Unis, au congrès de l’Universal Negro Improvement Association, le mouvement panafricaniste de Marcus Garvey. De retour en France, il fonde un journal, Les Continents, où il proclame un attachement indéfectible pour la France, tout en critiquant sévèrement ses méthodes « coloniales ». En 1934, à Cotonou, il gifle un confrère en plein tribunal et est incarcéré à Dakar, où il meurt en détention en 1936. Le « prince » Tovalou n’a pas joué le rôle éminent auquel ses talents divers semblaient le destiner.

Histoire politique des immigrations (post) coloniales: France 1920 – 2008 – Ahmed Boubeker, Abdellali Hajjat

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Depuis une vingtaine d’années, l’histoire de l’immigration en France est passée du statut d’objet plus ou moins illégitime dans le champ des sciences sociales à celui d’objet relativement reconnu, comme en témoigne la création de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Mais l’histoire politique de l’immigration, l’histoire non pas tant des politiques migratoires que des immigrés en tant que sujets, reste encore a écrire. Ce déficit d’histoire a des conséquences fâcheuses tant du point de vue scientifique que politique. Alors que l’histoire de l’immigration et de la colonisation est au cœur de controverses mémorielles parfois houleuses, les termes du débat se fondent souvent sur une vision partielle ou erronée des mouvements politiques de l’immigration postcoloniale. Des événements historiques, comme la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983 ou des mobilisations comme les mouvements de jeunes musulmans de France, font l’objet soit de discours mystificateurs, soit de disqualifications symboliques. Ce livre voudrait contribuer à combler ces lacunes en offrant une vision panoramique et dynamique de l’histoire des luttes de l’immigration postcoloniale depuis un siècle. Rassemblant les meilleurs spécialistes du monde universitaire sur la question et les analyses de nombreuses figures importantes du ” mouvement autonome de l’immigration “, il propose une représentation inédite d’une histoire méconnue et constitue le premier ouvrage de référence sur le sujet publié en France.

La bataille du 5 juin 1967: La lutte armée arabe et l’impérialisme – Sabr Abû-Nidhal

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Pas de résumé disponible (livre rare). Cet ouvrage, traduit et présenté par un groupe d’étude arabe, revient sur la bataille du 5 Juin 1967, l’organisation de la la coallition arabe, les idéologies politiques et les différentes stratégies millitaires mises en place et à mettre en place pour vaincre le sionisme.

La lutte arabe contre l’impérialisme est souvent mal connue. Aussi, le commandant Sahr Abû-Nidhal s’est-il livré à une analyse en profondeur des luttes passées, présentes et à venir du peuple arabe. S’appuyant sur des documents politiques et militaires l’auteur explique le mécanisme de la défaite de la bataille du 5 juin 1967 –

(Attention, il y a des commentaires racistes/sionistes ajoutés au stylo).

Antonio Gramsci: Guerre de mouvement et guerre de position – Razmig Keucheyan

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Avec raison, Gramsci (1891-1937) reste considéré comme l’un des marxistes de l’entre-deux-guerres les plus importants. Le choix d’extraits, réunis ici en 7 chapitres, embrasse l’ensemble de ses écrits de prison et tente de mettre en évidence plusieurs de ses concepts : hégémonie, américanisme, culture nationale populaire, etc.

Les pages parmi les plus intéressantes sont celles qui reviennent sur l’articulation entre société civile et politique, direction et domination, force et persuasion, qui dessine une nouvelle conception de l’État – « hégémonie cuirassée de coercition » (p. 40) –, sensée mieux correspondre aux changements historiques opérés en Occident depuis la fin du XIXe siècle. D’où une réflexion sur la stratégie à adopter au regard du succès de la révolution en Russie et de son échec partout ailleurs. Également captivants, les passages consacrés à l’américanisme, à savoir les nouvelles méthodes et organisations de travail mises en œuvres aux États-Unis dans les usines Ford. Gramsci y voit une combinaison habile de la force et de la persuasion, une pression matérielle et morale, une rationalisation de la production, parallèle à une rationalisation des instincts sexuels où l’enjeu est « le processus de transformation psycho-physique » de l’ouvrier moyen (p. 303). Au fil des pages, se révèle alors un marxisme original, insistant sur les liens entre théorie et pratique, réflexion et volonté – « on ne peut prévoir « scientifiquement » que la lutte » (p. 120) –, sur les moments de crise et le complexe de compromis, d’équilibres instables, qui se noue par le biais de l’hégémonie de la classe dirigeante et appelle à un renouvellement complet de la stratégie des luttes.

Edward Said: L’intifada de la culture – Yves Clavaron

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Edward Wadie Saïd (1935-2003), américain d’origine palestinienne, fut l’un des intellectuels les plus en vue de la fin du vingtième siècle : professeur de littérature anglaise et comparée à Columbia University, ardent défenseur de la cause palestinienne et fondateur (malgré lui) d’une nouvelle méthodologie issue de la mouvance des cultural studies, les études postcoloniales. Said est l’auteur d’une importante série de travaux couronnée par un titre-phare, L’Orientalisme, qui a profondément révolutionné l’approche des relations (notamment de pouvoir) entre Occident et Orient, tout en soulevant des polémiques parfois violentes. l’Intifada de la culture est la première monographie en français consacrée à Edward Saïd, dix ans après sa mort. L’ouvrage se veut synthétique et propose plusieurs parcours dans l’oeuvre d’un auteur qui a toujours revendiqué une action dans la Cité des hommes, sans cesser de réfléchir sur l’épistémologie des différents champs du savoir. L’Intifada de la culture tente de retracer la trajectoire originale d’un intellectuel éclectique, un migrant intercontinental pris entre son appartenance à l’institution occidentale et une posture d’insurrection, qui inscrit sa réflexion et sa manière d’être au monde dans une perspective résolument politique, niais ouverte à tous les sujets.

Ecrits politiques (1928-1949) : Sur le socialisme, les intellectuels et la démocratie – George Orwell

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De son premier article, publié dans la revue politico-littéraire d’Henri Barbusse, à ses ultimes déclarations sur la signification de 1984, les textes de George Orwell ici réunis sont tous inédits en français. Ils avaient été écartés de l’édition de ses Essais, articles et lettres choisis par sa veuve, Sonia, qui « n’appréciait pas son positionnement politique » (Bernard Crick). Ce recueil dessine l’itinéraire des engagements d’Orwell et l’évolution de ses idées : témoignages sur l’Espagne de la guerre civile, appels des années 1940-1941 à la révolution en Angleterre pour gagner la guerre contre Hitler, condamnation radicale de l’impérialisme britannique en Inde et en Birmanie, réflexions sur le socialisme et la démocratie, critique des intellectuels et de leur fascination pour le pouvoir, bilan de l’expérience travailliste d’après guerre, etc. Il inclut des essais méconnus, qui furent des jalons importants dans l’élaboration de ses conceptions sur l’individu, l’Etat et la société, comme « Culture et démocratie », « Les socialistes peuvent-ils être heureux ? » ou « La révolte intellectuelle ». Malgré l’immense célébrité de l’écrivain Orwell, sa pensée reste largement ignorée ou incomprise en France. Il est temps qu’il y soit lu comme une figure majeure, et désormais classique, de la pensée politique du XXe siècle, au même titre qu’un Gramsci ou une Hannah Arendt.

De la resistance à la guerre civile en Grèce (1941-1946) – Joelle Fontaine

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Platon, Aristote, l’invention de la démocratie : c’est une tout autre image de la Grèce que montre ce livre, celle d’un pays sacrifié et humilié – comme il l’est aujourd’hui. On y verra comment la Résistance grecque, l’une des plus actives et efficaces de l’Europe occupée par les nazis, fut mise au pas et massacrée par les collaborateurs et les Anglais en 1944 : il fallait ramener le roi sur le trône, rétablir l’ordre social d’avant-guerre, éviter que la véritable démocratie de la Résistance ne s’impose à la Libération. On y découvrira une image peu flatteuse de Churchill, capable de tout et même de nuire à l’effort de guerre pour maintenir la Grèce dans l’orbe britannique. On assistera au flottement fatal de la direction du Parti communiste, lâché par l’URSS et acculé aux compromis. On verra, en 1945, la terreur, lancée par le gouvernement et les bandes armées d’anciens collaborateurs, qui s’abat sur les résistants désarmés, les syndicalistes, les démocrates. Les lignes de front sont tracées et la Grèce s’apprête à vivre trois années de guerre civile qui laisseront le pays exsangue. Trois années pendant lesquelles ce sont les Américains, dans le contexte de guerre froide, qui prennent la relève des Anglais dans la répression du mouvement populaire. Tout ce qui va advenir par la suite, de la dictature des colonels à la mise à mort actuelle du pays, sommé de payer “sa dette”, est en germe dans cette histoire tragique de la Résistance grecque.

De notre servitude involontaire – Alain Accardo

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Plus encore que notre adhésion consciente, c’est notre adhésion inconsciente qui fait la force du système capitaliste : notre connivence involontaire, cette forme de complicité qui s’ignore parce qu’elle “va sans dire”. Nous agissons spontanément et à notre insu pour être compatibles avec une logique que nous avons intériorisée en vertu de la place que nous occupons dans ce monde et des propriétés sociales que nous détenons.
A défaut de pouvoir supprimer d’un coup de baguette magique les causes objectives (l’économie, l’Etat et les institutions) de notre servitude, il faut en faire inlassablement une critique en actes et sans concession – sans s’exempter soi-même. Et retourner à la base, sur le terrain, pour reprendre le fil de l’analyse cassé par le triomphe du libéral-socialisme, pour poursuivre la lutte sur des bases politiquement et sociologiquement plus cohérentes.

Y a-t-il une autre alternative à notre avilissante servitude? Y en a-t-il une plus honorable? Alors, Vive la Révolution! Tout le reste est verbiage de petit-bourgeois promis aux oubliettes.

Ce livre inaugure la réflexion de l’auteur sur le rôle, central et ambigu, des classes moyennes dans le système politique dominant des pays riches : la démocratie représentative et l’ordre social capitaliste.

Le municipalisme libertaire – La politique de l’écologie sociale – Janet Biehl

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Janet Biehl retrace la ruine de nos démocraties représentatives et présente un programme réaliste de démocratie directe profondément décentralisée. L’auteur propose ainsi un guide de la pensée politique du philosophe écologiste Murray Bookchin, dans une synthèse accessible, à la fois théorique et pratique. Après un portrait historique de la démocratie municipale, de la cité athénienne à l’urbanisation actuelle en passant par les cités médiévales, l’auteure nous met en garde devant les institutions étatiques et urbaines qui entravent la démocratie directe. Elle défend la nécessité de redéfinir le champ politique par la décentralisation et la démocratisation des institutions. Cette nouvelle édition propose une traduction entièrement révisée ainsi qu’une nouvelle préface par une spécialiste d’Aristote et de la pensée anarchiste.

Ce que tout révolutionnaire doit savoir de la répression – Victor SERGE

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Fichage, surveillance, filature, écoutes, infiltrations, manipulations et provocations ? autant de techniques policières que les régimes de tout poil ont toujours employées contre ceux qui entendaient contester l’ordre établi.
Au lendemain de la révolution russe, les archives secrètes de la police politique tsariste ? la sinistre « Okhrana » ? sont tombées entre les mains des insurgés. Victor Serge les a dépouillées. De sa lecture de centaines de rapports et fiches de police, il a tiré une sorte de guide pratique des techniques de répression policière, publié pour la première fois en France en 1926. Si les technologies répressives se sont depuis considérablement modernisées, les grands principes de leur fonctionnement, dévoilés ici, demeurent toujours d’actualité à l’âge de la surveillance électronique.
Après une analyse minutieuse du fonctionnement de la police politique et de la mentalité des « agents provocateurs », Serge pose la question du rapport à la légalité, et livre des conseils de base aux militants : comment repérer une filature, résister à un interrogatoire, déjouer des manœuvres de provocation… Loin de toute paranoïa, la leçon fondamentale de ce petit manuel reste éclairante : « Il n’est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et face auquel toutes les polices, quels que soient leur machiavélisme, leur science et leurs crimes, sont à peu près impuissantes. »
Ce document est éclairé par un avant-propos d’Éric Hazan en lien avec l’« affaire Tarnac » et une actualisation de Francis Dupuis-Déri sur les techniques contemporaines de contrôle policier.

Une lutte sans trêve – Angela Davis

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Quels sont les liens entre l’industrie militaro-carcérale américaine, l’apartheid en Israël-Palestine, les mobilisations de Ferguson, Tahrir et Taksim ? Qu’est-ce que l’expérience des Black Panthers et du féminisme noir nous dit des rapports actuels entre les oppressions spécifiques et l’impérialisme ?
Témoin et actrice de luttes de libération pendant plus d’un demi siècle, Angela Davis s’exprime ici sur l’articulation de ces différents combats, pour une nouvelle génération saisie par l’urgence de la solidarité internationale.

Décoloniser l’esprit – Ngugi Wa Thiong’o

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« Ce livre est mon adieu à l’anglais » : Ngugi wa Thiong’o, romancier kényan, n’y va pas par quatre chemins, il décide que désormais, il n’écrira plus qu’en kikuyu. Pour un auteur dont les œuvres sont largement diffusées dans le monde anglophone, c’est une lourde décision, dont Décoloniser l’esprit, écrit en 1986, explique les raisons. L’origine remonte à une « Conférence des écrivains africains de langue anglaise », organisée en 1962, en Ouganda : elle excluait les auteurs écrivant dans l’une ou l’autre des langues africaines, et le jeune Ngugi se posait alors la question : « Comment a-t-il été possible que nous, écrivains africains, fassions preuve de tant de faiblesse dans la défense de nos propres langues et de tant d’avidité dans la revendication de langues étrangères, à commencer par celles de nos colonisateurs ? » À travers son parcours personnel de romancier et d’homme de théâtre, Ngugi wa Thiong’o montre que le rôle donné aux littératures orales africaines, la vision de l’Afrique comme un tout et non comme un découpage issu de la colonisation, la référence aux traditions de résistance populaire, tout cela qui passe par la langue est la condition nécessaire pour décoloniser l’esprit.Ngugi wa Thiong’o Il est actuellement professeur et directeur de l’International Center for Writing & Translation à l’université de Californie à Irvine.

Ecrits sous maquis – Ruben Um Nyobe

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Leader syndicaliste puis secrétaire général de l’UPC, R. Um Nyobé (1913-1958) fut assassiné par les troupes françaises au Cameroun. Ces textes ont été recueillis auprès de la population paysanne de l’ancienne région de Sanaga maritime.

Discours d’Alger – Ernesto Che Guevara (1965)

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Discours prononcé lors du Séminaire économique de solidarité afroasiatique, les 22 et 27 février 1965 à Alger.

Chers frères,

Cuba participe à cette conférence, d’abord pour faire entendre à elle seule la voix des peuples d’Amérique Latine, mais aussi en sa qualité de pays sous-développé qui, en même temps, construit le socialisme.

Ce n’est pas par hasard s’il est permis à notre représentation d’émettre son opinion parmi les peuples d’Asie et d’Afrique.

Une aspiration commune nous unit dans notre marche vers l’avenir : la défaite de l’impérialisme. Un passé commun de lutte contre le même ennemi nous a unis tout au long du chemin. Cette conférence est une assemblée de peuples en lutte ; cette lutte se développe sur deux front également importants et réclame tous nos efforts.

La lutte contre l’impérialisme pour rompre les liens coloniaux et néo-coloniaux, qu’elle soit menée avec des armes politiques, des armes réelles ou avec les deux à la fois, n’est pas sans liens avec la lutte contre le retard et la misère ; toutes deux sont des étapes sur une même route menant à la création d’une société nouvelle, à la fois riche et juste.

Mathieu Renault – CLR JAMES la vie révolutionnaire d’un platon noir

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Qui, en France, connaît C.L.R. James ? Né en 1901 à Trinidad, alors colonie de la Couronne britannique, et mort à Londres en 1989, celui que le Times dénomma à la fin de sa vie le “Platon noir de notre génération” est pourtant une figure intellectuelle et politique majeure d’un siècle qu’il aura traversé presque de part en part. Intellectuel diasporique par excellence, militant panafricain de la première heure, James a pris part aux grands mouvements de décolonisation de son temps en Afrique et dans la Caraïbe et fut un acteur de premier plan des luttes noires aux Etats-Unis. Fervent partisan de Trotski avant de rompre avec l’héritage de ce dernier pour défendre la thèse de l’auto-émancipation des masses ouvrières-populages, James eut un destin étroitement imbriqué dans celui du marxisme au XXe siècle. Pour ce “marxiste noir”, révolution socialiste et luttes anticoloniales-antiracistes étaient intimement enchevêtrées : elles s’inscrivaient dans l’horizon d’une “révolution mondiale” dont la source et le centre ne pouvaient plus être la seule Europe. C’est à celle-ci que James s’est voué corps et âme pendant plus de cinq décennies, débattant et collaborant avec ses contemporains aux quatre coins du monde. Dans une conjoncture où la gauche radicale éprouve de grandes difficultés à renouveler ses stratégies face aux revendications des minorités non blanches et où la critique de l’eurocentrisme bat de l’aile, méditer la vie et l’oeuvre de James pourrait se révéler essentiel dans la tâche de construction d’une pensée de l’émancipation qui soit, enfin, à la mesure du monde.

Jack Barnes – Malcom x et le pouvoir ouvrier

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“Ne commencez pas avec les Noirs en tant que nationalité opprimée. Commencez avec la place et le poids d’avant-garde des travailleurs qui sont noirs dans les grandes luttes politiques et sociales dirigées par le prolétariat aux Etats-Unis. De la guerre civile à aujourd’hui, le bilan est ahurissant. C’est la force et la résistance qui vous sidèrent, pas l’oppression.” Jack Barnes. Stimulée par le besoin insatiable du capital en force de travail et en chair à canon pour ses guerres, la migration massive des Noirs du Sud rural des Etats-Unis vers les villes et les usines à travers le continent a jeté les bases de la montée explosive de la lutte de libération des Noirs dans ce pays à partir du milieu des années 1950. Malcolm X en émerge alors comme son plus remarquable dirigeant. Ce mouvement colossal, insiste-t-il, fait partie d’une bataille révolutionnaire mondiale pour les droits humains : “un affrontement entre ceux qui veulent la liberté, la justice et l’égalité et ceux qui veulent maintenir les systèmes d’exploitation.” Tirant les leçons d’un siècle et demi de lutte, ce livre nous aide à comprendre pourquoi c’est la conquête révolutionnaire du pouvoir par la classe ouvrière qui rendra possible la bataille finale pour la libération des Noirs – et ouvrira la voie à un monde basé non pas sur l’exploitation, la violence et le racisme, mais sur la solidarité humaine. Un monde socialiste.

Malek Bennabi – POURRITURES

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Les mémoires de Bennabi relatent son histoire, mais ils ont aussi leur propre histoire. On ne sait pas exactement quand est-ce qu’il s’est mis à leur rédaction mais il semble qu’il s’y soit très tôt préparé en prenant l’habitude de fixer dans une sorte de journal intime la matière qui y pourvoirait en temps utile. On trouve dans les archives qu’il a laissées des traces de ce journal sous forme de feuilles volantes écrites à la main remontant à 1936 et établissant qu’il prenait déjà note des réflexions et impressions que lui inspiraient les évènements et la vie en général en prenant soin de les dater.

Ce qu’on sait directement de lui, par contre, c’est qu’il a commencé la rédaction du tome 1 de ses Mémoires, «L’Enfant», le 05 mai 1965. Ainsi, on apprend par ses « Carnets » qu’il en est à la page 49 à la date du 19 mai, à la page 103 le 05 juin, et à la page 148 le 18. Enfin, le 27 juin 1965, il peut annoncer avec soulagement : «Je viens de terminer la première partie de mes mémoires que je compte publier en volumes séparés correspondant aux trois phases de ma vie». Il lui aura donc fallu moins d’un mois et demi pour nous livrer le récit détaillé, vivant et coloré de sa vie entre 1905 et 1930. Mais cela aurait-il été possible sans l’aide d’un brouillon ou de points de repères quand on considère la masse des faits et souvenirs qui y sont rapportés et quand on sait qu’il est alors âgé de soixante ans ?

Dans un manuscrit inédit (« Pourritures ») Bennabi nous apprend qu’en septembre 1939, avec le déclenchement de la seconde guerre mondiale, les autorités coloniales renforcent les mesures de surveillance des milieux politiques algériens. A Tébessa, la police procède à des perquisitions chez des particuliers. Il écrit : «La police commençait les perquisitions chez tout le monde. Je pris donc mes précautions. Je remis mes papiers dans une serviette à Khaldi qui la confia à sa brave mère». Que pouvaient être ces «papiers» sinon les supports de ses notes et des brouillons divers? Il nous apprend aussi qu’en juin 1951, dans un contexte similaire, il avait fait brûler par sa sœur aînée des « carnets de notes».

Quant au tome 2 de ses Mémoires, «L’Etudiant», il affirme l’avoir commencé le 21 février 1966 et achevé le 21 juillet 1967. On en déduirait qu’il a nécessité près d’un an et demi de travail, mais en fait il ne lui a pas consacré autant de temps. Je savais dès 1990 – quand j’ai pris connaissance pour la première fois du manuscrit de «Pourritures» – que «L’Etudiant» n’était qu’un des quatre chapitres de ce manuscrit de 373 pages rédigé entre le 1er mars 1951 et le 20 juin 1954. Rien ne dit d’ailleurs que la date du 20 juin 1954 et la page 373 signent la fin réelle de cet inédit. Tout indique au contraire que cette fin n’est pas «naturelle» car le récit s’arrête ex abrupto, ce qui n’est pas dans les usages de Bennabi qui signale systématiquement le début et la fin d’un travail.[1]

Il faut savoir que c’est de justesse que les deux premiers chapitres de «Pourritures» n’ont pas connu le sort des carnets brûlés en 1951. Ils ont été sauvés par deux membres de l’Association des Oulamas, amis de Bennabi, Abderrahman Chibane et Brahim Mazhoudi, lesquels, étant venus les lui restituer (il les leur avait confiés quelques semaines auparavant), l’entendirent leur déclarer qu’il allait les détruire pour qu’ils ne tombent pas entre les mains de la police qui s’intéressait alors de près à lui. Mazhoudi lui arracha des mains l’enveloppe en lui disant : «Ils doivent rester pour l’histoire !».

Autre particularité du manuscrit de «Pourritures» : à partir de la page 338, c’est-à-dire du 06 octobre 1953, Bennabi passe du style de rédaction littéraire à la prise de notes synthétiques et datées. Nous sommes déjà dans le style des « Carnets » et il en sera ainsi jusqu’à la mort de Bennabi qui, après la rédaction et la publication de «L’Etudiant» en arabe, ne s’est plus attaché à mettre en forme la suite de ses Mémoires soit parce qu’il ne le souhaitait plus, soit parce qu’il considérait que leur publication était inenvisageable. Mais il y pensait puisqu’on le voit écrire dans une note du 31 mars 1970 : «Je pense à ces «Mémoires d’un témoin du siècle » que je souhaite tant terminer malgré la trahison de la colonisabilité et le machiavélisme du colonialisme».

Une négritude socialiste. Religion et développement chez J. Roumain, J.S. Alexis, L. Hughe s. Claude Souffrant

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Les deux écrivains haïtiens J. Roumain et J.-S. Alexis, et le noir américain Langston Hughes constituent une Ecole particulière du mouvement de la Négritude dans la mesure où ils ont suivi une démarche commune : inscrire la quête d’identité culturelle dans une revendication sociale, sans toutefois réduire l’une à l’autre. A partir d’une analyse sociologique de leurs oeuvres romanesques, principalement celles consacrées à Haïti, Claude Souffrant, lui-même haïtien, situe ces trois auteurs par rapport aux autres courants ou contre-courants de la négritude, illustrés par J. Price-Mars, R. Maran, L.-S. Senghor, R. Depestre, N. Guillen. La perspective socialiste des Roumain, Alexis, Hughes les sauve de la récupération et de l’usure idéologique qui ont largement atteint le mouvement de la négritude. De plus, la place tenue par la religion populaire chez ces écrivains conduit Claude Souffrant à trouver dans leur vision critique du christianisme un avant-signe du renouveau exprimé par les théologies noires de libération.

Le courant “bordiguiste” – (1919-1999) France, Italie, Belgique – P. Bourrinet

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Le courant Bordigiste tire son héritage de la Gauche du Parti Socialiste Italien d’avant la guerre de 1914, regroupé autour d’Amadéo Bordiga. Ce courant fut le premier dans le mouvement socialiste, puis communiste, a refuser par principe toute participation aux élections parlementaires. Bordiga combattit au sein de la Troisième Internationale pour l’adoption de termes stricts pour déterminer qui est membre du parti, ce qui impliquait l’exclusion du parti de tous membres qui avaient soutenu la participation à la première guerre mondiale, ou adopté une attitude centriste sur cette question clé.r Aprés la deuxième guerre mondiale, le courant autour de Bordiga a participé à la formation du Parti Communiste Internationaliste en 1943-45, pour scissionner en 1952 et former le Parti Communiste International. Après une série de scissions (chacune créant un nouveau “Parti Communiste International”), la principale organisation représentant la tradition bordigiste s’est complètement désintégrée dans les années 80 suite à son propre opportunisme et à son infiltration par des gauchistes et des nationalistes arabes.

Compilation de textes de Murray bookchin

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Murray Bookchin, né en 1921 et décédé en 2006, est très peu connu et très peu traduit en France. Cette amnésie est d’autant plus surprenante que ses travaux furent précurseurs dans des domaines qui occupent aujourd’hui le premier plan de toute réflexion politique : la question du lien entre le capitalisme et l’environnement ; celle de la démocratie directe décentralisée. Sur ces deux thèmes, Bookchin a ouvert des pistes parfaitement intempestives, au sens nietzschéen : d’une inaltérable actualité. Fondateur de l’écologie sociale radicale d’un côté, théoricien du municipalisme libertaire de l’autre, il fut un anarchiste viscéral, soucieux de ne jamais céder devant les tendances nihilistes plus portées sur le mysticisme du retour à la nature que sur la transformation de la Cité. Revisiter ce parcours intellectuel dans le siècle, c’est aussi mesurer la force d’inertie de nos sociétés, leur incapacité à prendre en considération l’urgence écologique et le déficit démocratique autrement qu’en y répondant par l’adaptation de la novlangue néolibérale — verdissement de la finance et autre greenwashing d’un réel qui s’obstine pourtant à aller… mal. Mais surtout, Bookchin offre des pistes positives pour penser le monde à venir, sans renoncement au politique ni naïveté spontanéiste. L’auteure brosse ici à grands traits le portrait d’un homme libre et de son combat pour « résister avec des idées même lorsque les événements inhibent temporairement la capacité à agir¹ ».

DRUM – Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires (extraits de revue)

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John Watson est l’un des fondateurs de la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires de Détroit, Michigan.
Après la « Grande Rébellion » de Détroit qui, du 23 au 27 juillet 1967, causa 43 morts, 1189 blessés et 7200 arrestations, John Watson lance aux côtés de General Baker, Mike Hamlin et Luke Tripp, le journal Inner City Voice : « journal de la communauté noire » et « voix de la Révolution », selon les slogans affichés en Une.
En septembre 1968, et comme suite à la création du Mouvement Syndical Révolutionnaire de l’usine Chrysler de Dodge Main (DRUM), il prend avec Nick Medvecky la direction du South End, le journal étudiant de l’université d’État de Wayne, et transforme cet organe déconnecté socialement en un dynamique porte-parole de la communauté noire visant à influer sur la politique de la ville : «avec l’intention de promouvoir les intérêts des victimes pauvres, opprimées, exploitées, et impuissantes face à l’impérialisme et au capitalisme monopoliste raciste blanc «(premier éditorial de Watson le 26 septembre 1968). En tant que membre, à la fois, des Black Panthers et du DRUM, John Watson représente le mouvement de libération noire américain à la conférence internationale anti-impérialiste organisée en Décembre 1968 à Naples, en Italie. Comme suite à la réalisation fin 1969 du film Finally Got the News, sur ce qui sera bientôt La Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires, par le collectif Newsreel réunissant des révolutionnaires blancs et noirs, John Watson crée Black Star Productions pour « produire et distribuer des films traitant des problèmes sociaux et politiques les plus essentiels de notre époque ».

Les trois âges de l’opéraïsme – Centro di Ricerca per l’Azione Comunista

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Le mouvement panafricaniste au vingtième siècle: recueil de textes

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Il s’agit d’une contribution intellectuelle au cinquantenaire de l’Union africaine, héritière de l’Organisation de l’Unité africaine qui fut fondée à Addis-Abeba (Éthiopie) le 25 mai 1963.

Les textes réunis reflètent la mobilisation multiforme des Africains du continent et de la diaspora tout au long du XXe siècle, et au début du XXIe, contre les discriminations, pour l’égalité et le développement. Depuis la Conférence panafricaine de Londres en 1900 jusqu’à la constitution de l’Union africaine, en passant par les congrès des écrivains et artistes noirs, les festivals des arts et de la culture…

A travers ces textes s’exprime aussi la diversité des identités et des cultures politiques au sein du mouvement panafricaniste. La thématique du respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques se trouve au cœur de cet ouvrage, qui regroupe notamment les prises de position des écrivains, des intellectuels, des militants de la société civile et des leaders politiques.

A l’heure de la société de l’information, marquée par la montée en puissance des supports numériques dans la diffusion des connaissances, la mise en ligne de cette anthologie, unique en son genre, vient combler un vide dans la littérature en langue française sur le panafricanisme.

Les damnés de la terre – Frantz Fanon

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« La violence qui a présidé à l’arrangement du monde colonial, qui a rythmé inlassablement la destruction des formes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l’économie, les modes d’apparence, d’habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d’être l’histoire en actes, la masse colonisée s’engouffrera dans les villes interdites. Faire sauter le monde colonial est désormais une image d’action très claire, très compréhensible et pouvant être reprise par chacun des individus constituant le peuple colonisé. » Frantz Fanon.
Publié en 1961, à une époque où la violence coloniale se déchaîne avec la guerre d’Algérie, saisi à de nombreuses reprises lors de sa parution aux Éditions François Maspero, le livre Les Damnés de la terre, préfacé par Jean-Paul Sartre, a connu un destin exceptionnel. Il a servi — et sert encore aujourd’hui — d’inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes. Son analyse du traumatisme du colonisé dans le cadre du système colonial et son projet utopique d’un tiers monde révolutionnaire porteur d’un « homme neuf » restent un grand classique du tiers-mondisme, l’œuvre capitale et le testament politique de Frantz Fanon. Dans cette nouvelle édition, la préface de Alice Cherki, psychiatre et psychanalyste, auteur du Portrait de Frantz Fanon (Seuil, 2000), et la postface de Mohammed Harbi, combattant de la première heure pour la libération de son pays et historien de l’Algérie contemporaine, auteur de Une vie debout. Mémoires politiques 1945-1962 (La Découverte, 2001), restituent l’importance contemporaine de la pensée de Frantz Fanon.

Peau noire masques blancs – Frantz Fanon

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La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d’avenir.

Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l’homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d’intellectuels du tiers monde.

Frantz Fanon (1925-1961)

Né à Fort-de-France, il s’engage dans les Forces française libre en 1943, puis étudie la médecine, la philosophie et la psychologie à Lyon. Il devient médecin-chef de l’hôpital psychiatrique de Blida, mais il est expulsé d’Algérie en 1957 et s’installe à Tunis où il reste lié avec les dirigeants du GPRA. Il meurt d’une leucémie après avoir publié deux autres ouvrages consacrés à la révolution algérienne et à la décolonisation.

Pour la révolution africaine- Frantz Fanon – Écrits politiques.

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Les textes politiques de Frantz Fanon publiés dans ce volume couvrent la période la plus active de sa vie, de la publication de Peau noire, masques blancs en 1952 – il avait alors vingt-huit ans – à celle des Damnés de la terre en 1961, qui devait coïncider, à quelques jours près, avec la date de sa mort. Retraçant le fil d’une réflexion en constante évolution sur le phénomène colonial, vécu de l’intérieur, ces textes dénoncent à la fois le colonialisme et les pièges de la décolonisation, – la «grande erreur blanche» et le «grand mirage noir ». Explorant tour à tour la situation du colonisé, dont il peut rendre compte scientifiquement par son expérience médicale quotidienne, l’attitude des intellectuels de gauche face à la guerre d’Algérie, les perspectives de conjonction de la lutte de tous les colonisés et les conditions d’une alliance de l’ensemble du continent africain, Frantz Fanon gardait la certitude de la prochaine libération totale de l’Afrique. Son analyse et la clarté de sa vision nous donnent aujourd’hui les clés nécessaires pour comprendre la réalité africaine actuelle.

UHURU UJAMAA AZIMIO MWONGOZO Contribution a l’analyse de Ia pensée politique de JULIUS KAMBARAGE NYERERE – Buhendwa Mirhim Eluga

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Ujamaa ni Imani”1, apophtègme devenu aphorisme, énonce les limites, les contours et, parfois, les apories oU se sont développées Ia pensee et Ia prafique politiques de JULiUS KAMBARAGE NYERERE. Saisi au vol, au cours de ces nombreuses retransmissions des discours du MWAUMU un soir de Décembre 1982, ce maxime Ononcé en peu de mots, m’est resté en mémoire et resume assez bien les arguments que je peux apporter quant au choix de mon objet de recherche Dans ce vaste champ des Sciences de I’homme et de Ia société oü, une fois les bornes dépassées, il n’y a plus de limite, il mest vite apparu nécessaire de préciser quel langage, quelle méthode ou, mieux, quelle problématique convient pour saisir I’archaIque dons le moderne, Ia crise dons le permanent, le désordre dans lorganisation, Ia liberté dons Ia domination. II fallait que je puisse travailler sur un theme, un homme, une aire géographique sans tomber dans Ia “théologie du Socialisme’, l’analyse psychanalytique et/ou Ia description biographique ou encore moms dons l’Economisme spécialisé sur Ia Tanzanie au plan regional et continental. Saisir les éléments socio-culturels determinants dans Ia formulation et l’élaboration de l’Ujamaa ma amené a utiliser plusieurs langages et plusieurs méthodes dinvestigafion: observer, enregistrer, presenter des phénomenes en apporence uniques et particuliers dons leur contexte général et sous leur angle universel. Passer du particulier au global, de l’observation Iocalisée a Ia formulation des régles génerales ma conduit ô collectionner récfts, descriptions, analyses, figures et photographies. Doü Ia creation, souvent ex nihilo, dun tissu dense des interactions personnelles d’ou éclot, immanquablement, limagination sociologique, pour paraphraser MILLS WRIGHT.

Léopold Senghor et Cheikh Anta Diop face au panafricanisme: deux intellectuels, même combat mais conflit des idéologies?” – Antoine TINE

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Ces deux intellectuels sont assurément deux figures marquantes de la démocratie sénégalaise. Ils ont, tous les deux, animé la vie culturelle, politique sénégalaise, africaine et internationale par leur intellectualité et leurs différentes thèses sur le passé et l’avenir du Continent. L’un (Léopold Sédar SENGHOR, 1906-2001) s’est illustré en prônant la « Civilisation de l’Universel », à travers le triptyque idéologique : négritude, socialisme africain et francophonie. L’autre (Cheikh Anta DIOP, 1923-1987) consacra toute sa vie à la restauration de la conscience historique africaine, par le biais de l’égyptologie. Ils ont mené un même combat, la lutte anticolonialiste, mais avec des armes idéologiques différentes. La confrontation de leurs pensées peut être qualifiée de conflit des intellectualités et ne peut être réduite ni à une simple querelle politicienne, entre leaders de partis politiques opposés, PS (Parti Socialiste) versus RND (Rassemblement National Démocratique) ni à une rivalité « crypto-personnelle ». La comparaison peut utilement constituer une occasion de revisiter les idées d’identité culturelle, de nationalisme, de panafricanisme, d’humanisme et d’évaluer leur héritage commun dans les essais d’élaboration d’une pensée politique africaine, d’une pensée de l’altérité, d’une philosophie de « l’Afrique autre (ment)». 

 

 

Les Frères de Soledad. Lettres de prison – GEORGE JACKSON

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Il s’agit de lettres écrites en prison par Geoffroy Jackson, ce jeune Noir accusé d’avoir tué un gardien blanc. Un document important sur la mentalité d’un jeune homme amené aux Black Panthers, un «poème», dit Jean Genet dans une ardente préface.
George Jackson est incarcéré à dix- huit ans pour un petit larcin et condamné à une peine de prison de un an reconductible. Il n’en sortira jamais. Mort à trente ans, après avoir passé les douze dernières années de sa vie en prison, Jackson deviendra au cours de sa détention un militant, un révolutionnaire, « une légende vivante qui s’est très vite propagée dans tout le système pénitentiaire américain » comme le décrira Huey Newton, un dirigeant du Black Panthers Party. En janvier 1970, après l’acquittement d’un maton responsable de la mort de trois prisonniers noirs, un autre gardien est tué et trois prisonniers inculpés pour ce meurtre, dont George Jackson. Ces trois détenus, vite surnommés les Frères de Soledad, feront face à une justice raciste et soulèveront une vaste campagne de solidarité au sein du mouvement de libération noir et plus largement à travers le monde entier. Mis à l’isolement, Jackson envoie de nombreuses lettres, lit, étudie l’histoire noire, le marxisme, l’économie poli tique. Ce sont ces lettres que l’on peut lire dans ce volume. Des lettres tour à tour politiques, affectueuses, révoltées. Publié par les éditions Gallimard en 1971 et épuisé depuis de nombreuses années, ce texte est une prose puissante que Jean Genet, qui signe la préface, qualifie de « poème d’amour et de combat ».

Pannekoek et les conseils ouvriers – serge bricianer

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Militant de l’aile gauche de la IIe Internationale, ses positions le rapprochent de Rosa Luxemburg. Son courant de pensée a été appelé « Gauche germano-hollandaise »1.

Opposant résolu à la Première Guerre mondiale, il rejoint dès 1919 la IIIe Internationale, dont il est exclu en 1921 en raison de ses positions de « communiste de gauche » et de son opposition à l’autoritarisme de Lénine.

Conseilliste, il rejette le stalinisme dès son apparition, comprenant d’emblée que ce courant n’a plus de rapport avec le marxisme. Il considère le régime de l’URSS non comme une forme de socialisme, même déformée, mais comme un capitalisme d’État. Il estime, comme Karl Marx et Rosa Luxemburg, que le communisme ne peut résulter que d’un processus révolutionnaire, aboutissant à un accroissement considérable de la démocratie et à la collectivisation des moyens de production.

En 1938 il publie Lénine comme philosophe sous le nom de John Harper. Pendant la Seconde Guerre mondiale il rédige son ouvrage majeur, Les Conseils ouvriers, publié en 1946 en deux parties sous le pseudonyme de P. Aartsz. En 1944, alors qu’il rédige cet ouvrage, la plus grande partie de ses archives brûle lors de la bataille d’Arnhem. Pannekoek restera fidèle à ses convictions et correspondra par exemple avec Cornelius Castoriadis2. Son autobiographie Souvenirs est parue 22 ans plus tard aux Pays-Bas.

Il a suivi des études scientifiques, obtenant son doctorat en 1902. Professeur au sein de l’université d’Amsterdam, il y a fondé un institut d’astronomie qui porte aujourd’hui son nom3. Docteur honoris causa de l’université Harvard, il a reçu en 1951 la médaille d’or de la Royal Astronomical Society. Un cratère lunaire de 71 km de diamètre porte son nom, ainsi que l’astéroïde (2378) Pannekoek. Il est également l’auteur d’une Histoire de l’astronomie, publiée en néerlandais puis traduite en anglais.

De la pauvreté et de la nature fétichiste de l’économie – Paul Mattick

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Conférences sur la libération des femmes – Alexandra Kollontaï

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Alexandra Kollontaï, un nom aujourd’hui un peu oublié. Cette femme politique russe puis soviétique a pourtant beaucoup contribué aux nombreux débats sur le féminisme engagés depuis le début du siècle. Dans les années soixante-dix, au moment où le féminisme en France est au plus fort, ses textes sont publiés en français, presque introuvables à présent. Cette femme élégante au port aristocratique ne cessera toute sa vie de se battre et d’intervenir pour la libération des femmes et développera l’idée de « l’amour-camaraderie ». Ses théories sur la morale sexuelle et l’amour libre, sa vie amoureuse mouvementée apporteront de l’eau aux moulins de ses détracteurs qui la qualiferont de débauchée. Ses conférences sur la libération des femmes, données en 1921 à l’université Sverdlov, sont éclairantes à plus d’un titre sur le féminisme, l’amour mais aussi l’importance de la place des femmes dans la Révolution. Mais Alexandra Kollontaï a plus d’une corde à son arc. Ses textes pour « l’opposition ouvrière », ses interventions en tant que diplomate habile, sa connaissance du mouvement ouvrier fnlandais et russe en font une femme politique à part entière. Elle s’essaie même à la littérature.

Ce choix de textes embrasse les multiples facettes de cette femme au destin exceptionnel. Décriée et adulée en son temps, son élégance légendaire se retrouve dans son écriture. Au moment du centième anniversaire de la Révolution d’Octobre, cet ouvrage apporte un éclairage particulier sur ce grand moment qui a marqué le xxe siècle et sur l’histoire du féminisme.

mémoires messali hadj 1898-1938 (arabe)

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Le problème des idées dans le monde musulman – Malek Bennabi

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Dans Le problème des idées dans le monde musulman, Malek Bennabi montre la primordialité de l’idée, en tant que force, en tant que dynamique. Elle est la base de toute action, de tout changement possible. Sans l’idée, il n’y a que déchéance, et c’est ce qui a fait le défaut de l’homme musulman qui a préféré s’attacher au monde des choses plutôt qu’au monde des idées. Dans cet ouvrage, Malek Bennabi inscrit le besoin nécessaire du retour à la pensée, à l’enrichissement intellectuel dynamique, vivant, et non sclérosant et pompeux. Il rappelle que’ le souffle de la révélation coranique a été intimement lié à la notion d’idée, de rappel à l’esprit, à l’intellect, à travers les premiers versets révélés : « Lis ! ». Ainsi l’homme est-il fait pour se construire un monde basé sur des idées, avant de se construire un monde fixé sur l’obsession de la chose. Cet ouvrage captivant complète Le problème de la culture, à travers une réflexion peu rencontrée jusqu’alors dans la sphère intellectuelle musulmane.

3 articles sur Karl Marx (1948-1950) – Maximilien Rubel

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De Bucovine, Maximilien Rubel vient à Paris en 1931 pour poursuivre ses études universitaires de philosophie et de sociologie. Il consacre sa thèse de doctorat à Karl Marx.

Pendant la guerre, il est doublement clandestin, du fait de son origine juive et de son activité militante. À partir de 1942, il participe au Groupe révolutionnaire prolétarien, qui déploie notamment son activité de Résistance par des appels à l’insoumission distribués aux soldats allemands. Germanophone, Rubel traduit les tracts. Il quitte cependant le GRP en 1945.

En novembre 1945, il publie un article intitulé « Signification historique de la barbarie stalinienne », où il considère que l’URSS est un capitalisme d’État2. En 1951, il publie « Karl Marx, auteur maudit en URSS », dans lequel il dénonce la censure de textes de Marx par le régime stalinien3. En 1957, il écrit dans « La croissance du capital en URSS » que « l’appareil économique de la Russie présente le double caractère du capitalisme pur, et de l’esclavagisme sans masque » 4. Pendant la même période il publie des textes rares de Marx et de nombreux articles sur Marx.

Il fonde en 1959 la revue Études de marxologie. Il participe au « Groupe communiste de conseils », qui édite à partir de 1962 les Cahiers de discussion pour le socialisme des conseils.

Rubel devient maître de recherche au CNRS, et siège au conseil scientifique de la Fondation internationale Marx-Engels. Il a dirigé l’édition des textes de Marx parue dans la Bibliothèque de la Pléiade, traduisant de nombreux textes inédits en français.

Rubel considérait que les « marxistes » traditionnels allaient à l’encontre de la pensée de Marx, pensée qu’il appelait « pensée marxienne ».

Maximilien Rubel développe lui-même une interprétation iconoclaste : parce qu’il s’oppose à l’État, au salariat — considéré comme une forme moderne de l’esclavage — que Bakounine défend par son collectivisme auquel s’opposera le communisme de Kropotkine, et sans pour autant céder à la passion destructrice de Bakounine, Marx se révèlerait être le plus profond « théoricien de l’an-archisme »5, « compris tout à la fois comme mouvement d’autolibération des esclaves modernes et comme projet de construction de la communauté humaine libérée du capital et de l’État »6.

Il éprouvait une grande admiration pour la pensée politique et morale de Georges Sorel.

Biographies de Otto Rühle, Anton Pannekoek, Karl Korsch (1960-1964) – Paul Mattick

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Né en 1904 dans une famille ouvrière de Berlin (son père fut membre de la Ligue spartakiste), Paul Mattick adhère en 1918, en pleine révolution allemande, à un groupe de jeunesse d’extrême-gauche, la Freie sozialistische Jugend (organisation de jeunesse de la Ligue Spartakus), tout en poursuivant son apprentissage d’outilleur aux usines Siemens. En 1920, il passe au KAPD (organisation communiste de conseils), dans lequel il participe aux événements révolutionnaires de l’époque par les actes et par l’écrit.

Il restera l’un des représentants théoriques de ce courant après son installation aux États-Unis (1926) où, toujours outilleur, il militera notamment au sein des Industrial Workers of the World (IWW), syndicat révolutionnaire.

Paul Mattick a créé plusieurs revues dont il sera dans les années 1930-1940 le principal animateur : International Council Correspondence, puis Living Marxism et New Essays.

Par la suite, il s’attachera plus particulièrement à la critique de l’économie politique, publiant Marx et Keynes et Crises et Théories des crises.

Pleure, Ô Noir, frère bien-aimé Anthologie de textes de Patrice – Émery Lumumba

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Poème de Lumumba:

Pleure, O Noir Frère bien-aimé

O Noir, bétail humain depuis des millénaires
Tes cendres s’éparpillent à tous les vents du ciel
Et tu bâtis jadis les temples funéraires
Où dorment les bourreaux d’un sommeil éternel.
Poursuivi et traqué, chassé de tes villages,
Vaincu en des batailles où la loi du plus fort,
En ces siècles barbares de rapt et de carnage,
Signifiait pour toi l’esclavage ou la mort,
Tu t’étais réfugié en ces forêts profondes
Où l’autre mort guettait sous son masque fiévreux
Sous la dent du félin, ou dans l’étreinte immonde
Et froide du serpent, t’écrasant peu à peu.
Et puis s’en vint le Blanc, plus sournois, plus rusé et rapace
Qui échangeait ton or pour de la pacotille,
Violentant tes femmes, enivrant tes guerriers,
Parquant en ses vaisseaux tes garçons et tes filles.
Le tam-tam bourdonnait de village en village
Portant au loin le deuil, semant le désarroi,
Disant le grand départ pour les lointains rivages
Où le coton est Dieu et le dollar Roi
Condamné au travail forcé, tel une bête de somme
De l’aube au crépuscule sous un soleil de feu
Pour te faire oublier que tu étais un homme
On t’apprit à chanter les louanges de Dieu.
Et ces divers cantiques, en rythmant ton calvaire
Te donnaient l’espoir en un monde meilleur…
Mais en ton cœur de créature humaine, tu ne demandais guère
Que ton droit à la vie et ta part de bonheur.
Assis autour du feu, les yeux pleins de rêve et d’angoisse
Chantant des mélopées qui disaient ton cafard
Parfois joyeux aussi, lorsque montait la sève
Tu dansais, éperdu, dans la moiteur du soir.
Et c’est là que jaillit, magnifique,
Sensuelle et virile comme une voix d’airain
Issue de ta douleur, ta puissante musique,
Le jazz, aujourd’hui admiré dans le monde
En forçant le respect de l’homme blanc,
En lui disant tout haut que dorénavant,
Ce pays n’est plus le sien comme aux vieux temps.
Tu as permis ainsi à tes frères de race
De relever la tête et de regarder en face
L’avenir heureux que promet la délivrance.
Les rives du grand fleuve, pleines de promesses
Sont désormais tiennes.
Cette terre et toutes ses richesses
Sont désormais tiennes.
Et là haut, le soleil de feu dans un ciel sans couleur,
De sa chaleur étouffera ta douleur
Ses rayons brûlants sécheront pour toujours
La larme qu’ont coulée tes ancêtres,
Martyrisés par leurs tyranniques maîtres,
Sur ce sol que tu chéris toujours.
Et tu feras du Congo, une nation libre et heureuse,
Au centre de cette gigantesque Afrique Noire.

Patrice Lumumba

George Padmore, Kwame Nkrumah, Cyril L.R. James et l’idéologie de la lutte panafricaine – Elikia M’Bokolo

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Extrait: Ce n’est pas par pur artifice qu’on peut associer les noms de C.L.R. James, George Padmore et Kwame Nkrumah. Ils appartiennent tous les trois à la même génération intellectuelle et politique du panafricanisme : cette génération qui, des années 1930 aux années 1960, a fondé le panafricanisme en idéologie, l’a transformé en projet politique et l’a déployé à travers un ensemble d’actions concrètes ayant pour objectif ce qu’elle appelait une révolution.
En s’appuyant sur les écrits et la pratique de ces personnalités, ce texte veut montrer que c’est par une succession de rencontres, d’échanges et de ruptures, que l’idéologie de la lutte panafricaine a défini sa singularité à la fois par rapport au pan-négrisme et au communisme, dans un effort de dépassement et d’accomplissement du nationalisme né dans le cadre des territoires coloniaux. Cette émancipation, qui fut politique, est allée de pair avec une démarche intellectuelle caractérisée par la place de premier plan qu’elle accorde à l’histoire et par son souci permanent d’inscrire toute analyse des situations africaines dans le contexte plus large des affaires du monde.

bakounine – oeuvres Tome 1

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Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine, francisé en Michel Bakounine, né le à Priamoukhino près de Torjok et mort le à Berne, est un révolutionnaire, théoricien de l’anarchisme et philosophe qui a particulièrement écrit sur le rôle de l’État. Il pose dans ses écrits les fondements du socialisme libertaire.

Blanqui ou l’insurrection d’etat

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Louis-Auguste Blanqui, dit Auguste Blanqui, surnommé « l’Enfermé », né le 8 février 1805 à Puget-Théniers (Alpes-Maritimes) et mort le 1er janvier 1881 à Paris, est un révolutionnaire socialiste français, souvent associé à tort aux socialistes utopiques. Il défend pour l’essentiel les mêmes idées que le mouvement socialiste du XIXe siècle. Il fait partie des socialistes non-marxistes. L’historien Michel Winock le classe comme un des fondateurs de l’ultragauche française qui s’oppose aux élections démocratiques, vues comme « bourgeoises », et qui aspire à l’« égalité sociale réelle1. »

Après 1830, encore étudiant, Blanqui fait le constat que la révolution ne pourra traduire la volonté du peuple que par la violence2,3 : « l’interdiction politique » qui place le peuple sans garantie, sans défense, devant « l’odieuse domination des privilégiés »4, conduit fatalement à la lutte. Il fut, en conséquence de ses tentatives insurrectionnelles, emprisonné une grande partie de son existence, ce qui lui a donné le surnom de « l’Enfermé »5. Il est à l’origine du blanquisme.

Sept thèses erronées sur l’Amérique latine ou Comment décoloniser les sciences humaines – Rodolfo Stavenhagen

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L’ouvrage de R. Stavenhagen est constitué du regroupement de cinq textes critiques, publiés entre 1966 et 1971 par l’auteur, remettant en cause certaines idées amplement diffusées et véhiculées à l’égard de l’Amérique Latine, et plus précisément, concernant les causes du « sous développement » du continent latino américain. Réunies dans cet ouvrage, ces études critiques sont formulées sur la base de «sept thèses erronées sur l’Amérique Latine», que l’auteur s’apprêtera à démentir dans le premier chapitre, en expliquant que ces thèses masquent d’autres réalités sociales de l’Amérique Latine. L’auteur dénonce le fait que les sciences humaines produites en Amérique Latine aient été, pendant longtemps et dans une certaine mesure encore aujourd’hui, subordonnées aux sciences humaines de l’Occident, de la société dominante, imposant dés lors des idées biaisées sur l’Amérique Latine, et pourtant véhiculées au sein même du continent latino-américain, par les sciences humaines latino-américaines elles mêmes. Stavenhagen parle ainsi de « dépendance intellectuelle et culturelle ». La colonisation a véhiculé une certaine vision des colonisés, et a induit en eux une auto-perception de leur être en tant que colonisé, devant nécessairement se développer en calquant l’exemple des sociétés « jadis » colonisatrices.

L’orientalisme L’Orient créé par l’Occident – Edward W. Said

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D’Eschyle à Kissinger, de Marx à Barrès, l’Occident a tenu un discours sur l’Orient. Mais, puisque «l’Orient» n’existe pas, d’où vient ce discours et comment expliquer son étonnante stabilité à travers les âges et les idéologies? «L’Orient» est une création de l’Occident, son double, son contraire, l’incarnation de ses craintes et de son sentiment de supériorité tout à la fois, la chair d’un corps dont il ne voudrait être que l’esprit.

À étudier l’orientalisme, présent en politique et en littérature, dans les récits de voyage et dans la science, on apprend donc peu de choses sur l’Orient, et beaucoup sur l’Occident. Le portrait que nous prétendons faire de l’Autre est, en réalité, tantôt une caricature, tantôt un complément de notre propre image.

L’idéologie orientaliste s’est échappée depuis longtemps déjà du cabinet des savants pour précéder Napoléon dans sa conquête de l’Égypte ou suivre la guerre du Liban.

C’est de ce discours qu’on trouvera ici la magistrale archéologie, augmentée de la préface que l’auteur rédigea en 2003 pour le vingt-cinquième anniversaire de la publication originale de l’ouvrage

Histoire et conscience de classe Essais de dialectique marxiste – Georg Lukàcs

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Cette œuvre célèbre du grand philosophe hongrois peut être considérée comme le livre-clé de la pensée marxiste de la première moitié du XXe siècle. Elle paraît aujourd’hui pour la première fois en traduction, dans un texte intégral précédé d’une étude philosophique et historique par Kostas Axelos.
Rédigé directement en langue allemande, et tiré à quelques centaines d’exemplaires seulement, Geschichte und Klassenbewusstsein a été publié à Berlin en 1923 et ses théories furent tout de suite violemment combattues par les communistes orthodoxes et par la social-démocratie, alors qu’elles étaient ignorées de la pensée de droite. L’auteur sera amené à désavouer lui-même ce livre qui n’en continuera pas moins d’exercer une grande influence, en dépit de la destruction de la quasi-totalité des exemplaires existants.

‑‑‑‑‑ Table des matières ‑‑‑‑‑

Préface de Kostas Axelos – Avant-propos de Georg Lukàcs – Qu’est-ce que le marxisme orthodoxe ? – Rosa Luxembourg, marxiste – La conscience de classe – La réification et la conscience du prolétariat : I. Le phénomène de la réification. II. Les antinomies de la pensée bourgeoise. III. Le point de vue du prolétariat – Le changement de fonction du matérialisme historique – Légalité et illégalité – Remarques critiques sur la critique de la révolution russe de Rosa Luxembourg – Remarques méthodologiques sur la question de l’organisation – En guise de postface

Capitalisme + Came = Génocide – Michael Cetewayo Tabor

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Dans cette brochure datant de 1969 intitulée « Capitalism plus dope equals génocide », Michael Cetewayo Tabor, membre du Black Panther Party, revient sur les méfaits de la drogue et sur son utilisation par les forces répressives dans les ghettos noirs-américains. En préface un texte de Mathieu Rigouste : A qui profite la « Guerre au Crime »?

Malek Bennabi – La lutte idéologique

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Extraits de ” la lutte idéologique” de Malek Bennabi :

Avant propos : L’auteur autochtone et l’auteur progressiste dans la lutte idéologique contre le colonialisme

Il est des thèmes qu’il n’est vraiment pas utile d’aborder si les arguments présentés ne découlent pas d’une expérience personnelle. Une expérience qui permet de les éclairer de l’intérieur.

La lutte idéologique dans les pays colonisés compte parmi ces questions.

[…]

Dans les pays colonisés où, trop souvent, on ignore ce combat bien qu’il se déroule à l’intérieur de nos frontières et qu’ensuite ils en constituent, eux-mêmes l’enjeu

Il y a d’une part cet aspect. De l’autre, nous relevons comment, à l’extérieur, l’auteur progressiste ignore de son côté cette lutte : nous constatons, à titre d’exemple, comment en participant au combat contre le colonialisme aux côtés des colonisés, son action se limite exclusivement au seul domaine politique.

Il se retire et s’en lave les mains dès que ce combat prend l’allure d’une lutte idéologique, comme s’il n’en avait cure, ennuyé par sa nouvelle formule. Il pense, en d’autres termes, que l’homme colonisé a le droit de se défendre tant que cette défense se limite strictement au champ politique, mais, une fois transposée au domaine des idées, il estime que cet homme a mis son nez dans un champ auquel il n’a pas droit.

II est possible d’expliquer une telle situation par la lourde chape d’opacité qui couvre la lutte idéologique dans les pays colonises ; ce qui place les autochtones a l’intérieur et les auteurs progressistes a l’extérieur dans l’incapacité de saisir ses contours. Néanmoins, l’expérience montre que parfois, cette ignorance peut être, d’une façon ou d’une autre, une simple parodie, le fruit d’une simulation. Par ailleurs, les dirigeants politiques nationalistes dans les pays colonises adoptent dans la bataille des idées – pour des raisons déterminées – une attitude neutre ou négative, voire hostile.

En dehors des pays colonises, l’écrivain progressiste adopte, pour sa part une position similaire alors que, engageant le combat contre le colonialisme il se range aux cotes de ce même colonialisme des que cette bataille revêt un aspect idéologique.

En analysant cette attitude étrange, l’on arrive a déduire que l’auteur progressiste est contraint, dans une telle bataille, a répondre a des considérations qui lui sont inculquées ou que son comportement découle dans ce domaine de complexes hérités. Dans les deux cas, son attitude a l’égard de la lutte idéologique dans les pays colonises est une attitude au pire hostile, neutre au mieux.

[…]

A la lumière de ce qui précède, il n’est pas dans mon intention, néanmoins, d’émettre un jugement généralisé au sujet de la littérature progressiste et des auteurs progressistes. Nous relevons dans l’expression de leurs positions en Europe la probité des idées, l’intégrité morale, le courage et la grandeur d’âme. Des qualités qui forcent le respect de tout être respectable.

Le Mexique insurgé – John Reed

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Rentré du Mexique où il avait suivi les troupes de Pancho Villa jusque dans la décisive bataille de Torreón, John Reed rassembla les articles écrits sur le vif pour le Metropolitan et le matériel qu’il n’avait pas publié, pour faire une œuvre résumant son expérience de la révolution au sud du Rio Grande. Le résultat est cette vaste fresque où le témoignage est porté par un lyrisme et une poésie qui épousent l’esprit et l’atmosphère de la révolution mexicaine. Identifié à la cause de Villa dont il dresse sur plusieurs chapitres un saisissant portrait, John Reed, mêlant réalité historique et vérité des sentiments, retrace sur fond de ciels embrasés et de montagnes de porphyre le combat acharné d’un peuple pour la terre et la justice.

Le Mexique insurgé est le premier des grands récits de Reed, précédant La Guerre dans les Balkans et Dix jours qui ébranlèrent de monde, trois ouvrages de référence sur les événements qui ont marqué le début du XXe siècle : l’insurrection mexicaine, la Première Guerre mondiale et la révolution d’Octobre.

La Révolution française à la Martinique (1936) – Henry Lémery

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Extrait: Les révolutions changent de caractère à mesure que leurs effets se développent non seulement dans le temps, mais dans l’espace. Chaque milieu réagit à sa façon à l’incendie qui se propage, révélant parfois le pouvoir explosif d’idées et de situations profondément différentes de celles qui ont occasionné la première déflagration.
La grande Révolution de 1789 en est le plus frappant exemple. Nul autre mouvement d’humanité n’a eu une telle puissance d’expansion. Tout contribuait à en faire un événement entre tous exceptionnel : la méditation séculaire d’un peuple de penseurs, une soudaine floraison de l’intellectualité et du sentiment, l’ardente poussée de sève d’une race d’élite en pleine maturité. Nous en connaissons assez les effets au pays de l’Esprit des Lois et du Contrat social. Mais le ferment de rénovation porté au-delà de nos frontières par les armées de la République, diffusé par nos écrivains et nos philosophes à travers l’univers, devait produire des résultats auxquels nul n’avait tout d’abord songé : en Europe l’affirmation du principe des nationalités et les nouveaux impérialismes qui en procèdent ; dans le monde, la croissante et chaque jour plus troublante complication du problème des races. Et sans doute les effets de la grande commotion, après bientôt un siècle et demi, n’ont-ils pas encore fini de se développer.

La domination masculine_Pierre Bourdieu

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La domination masculine est tellement ancrée dans nos inconscients que nous ne l’apercevons plus, tellement accordée à nos attentes que nous avons du mal à la remettre en question.

La description ethnographique de la société kabyle, conservatoire de l’inconscient méditerranéen, fournit un instrument puissant pour dissoudre les évidences et explorer les structures symboliques de cet inconscient androcentrique qui survit chez les hommes et les femmes d’aujourd’hui.

Mais la découverte des permanences oblige à renverser la manière habituelle de poser le problème : comment s’opère le travail historique de déshistorisation ? Quels sont les mécanismes et les institutions, Famille, Église, École, État, qui accomplissent le travail de reproduction ? Est-il possible de les neutraliser pour libérer les forces de changement qu’ils entravent ?